Accident nucléaire: le Canada peu inquiet

Le 28 août 2015 par Romain Loury
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La centrale nucléaire de Darlington, su le lac Ontario
La centrale nucléaire de Darlington, su le lac Ontario
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Pour la commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN), un grave accident dans une centrale n’aurait aucune conséquence sanitaire mesurable, du moins pour les cancers de l’adulte. Comme à Tchernobyl, et peut-être à Fukushima, seuls les enfants verraient s’accroître le risque de cancer de la thyroïde.

A l’origine de cette étude, intitulée «Étude des conséquences d’un grave accident nucléaire hypothétique et de l’efficacité des mesures d’atténuation», la prochaine remise à niveau de 4 des six tranches de la centrale de Darlington, proche de Toronto (Ontario). Les chercheurs y modélisent les effets sanitaires de plusieurs scénarios d’accident grave, avec des fuites d’une heure, de 24 heures et de 72 heures, avec des doses plus ou moins élevées.

«Certains des scénarios à l’étude correspondent à un événement de niveau 7 sur l’échelle internationale des événements nucléaires (INES) de l’AIEA [Agence internationale de l’énergie atomique], soit le niveau le plus élevé pour un accident nucléaire. De plus, les doses prédites sont comparables à celles mesurées à Fukushima», explique la CCSN.

+0,0004% de risque cancéreux

Selon elle, le risque de cancer de l’adulte ne serait pas significativement affecté par l’accident. Estimé à 49,114%, les chances de développer un cancer au cours de sa vie ne seraient, au pire, augmentées que de 0,0004%. Idem pour les leucémies et les cancers de la thyroïde, toujours chez l’adulte.

La situation est plus délicate chez les enfants résidant à proximité de la centrale: avec un risque basal de 1%, les enfants verraient leur risque de cancer de la thyroïde augmenter de 0,3%. «Cela n’est pas étonnant, étant donné la sensibilité de la thyroïde d’un enfant au rayonnement», expliquent les auteurs.

«Ces résultats soulignent l’importance continue de tenir compte de récepteurs sensibles, par exemple les enfants, dans la planification en cas d’urgence, comme l’administration de comprimés d’iodure de potassium», poursuivent-ils.

L’expérience de Tchernobyl

Ces résultats confirment ce qui a été observé à Tchernobyl, accident survenu en 1986: pas d’excès de risque de cancer dans la population exposée, excepté pour le cancer de la thyroïde de l’enfant. Chez les moins de 15 ans, il a connu un pic au milieu des années 1990, avant d’augmenter à son tour chez les adolescents et jeunes adultes, au début des années 2000.

Quant à la catastrophe japonaise, survenue il y a bientôt 5 ans, «aucun élément ne permet d’affirmer à ce jour s’il y aura ou non une augmentation des cancers thyroïdiens chez les enfants de la préfecture de Fukushima», rappelle l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN).

Tchernobyl, Fukushima? Au Canada, jamais!

Décidément très rassurants, les experts canadiens estiment qu’un événement du type Tchernobyl est impossible au Canada, et qu’un Fukushima y est «improbable». Outre le moindre risque sismique, a fortiori de tsunami, les réacteurs canadiens, dits CANDU, disposent de plusieurs caractéristiques, en termes de confinement et de refroidissement, qui les rendraient plus sûrs qu’un réacteur de type RBMK soviétique ou qu’un vieux réacteur à eau bouillante d’origine américaine, affirme la CCSN.

A défaut d’impact sanitaire, deux économistes français ont estimé, en 2012, le montant de la facture d’un accident du type Tchernobyl ou Fukushima. Selon eux, il pourrait s’élever à 400 milliards d’euros, soit 20% du PIB de la France, en tenant compte des aspects sanitaires, sociaux, agricoles, et de la gestion des zones d’exclusion.



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