Accident industriel à Marcoule

Le 12 septembre 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Bien connue des services de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN, le gendarme du nucléaire français), la société Socodei a été le théâtre d’un grave accident industriel.
 
A 12 heures 37, une explosion est survenue dans son installation Centraco —centre de traitement et de conditionnement de déchets de faible activité—, située sur la commune de Codolet en bordure du site de Marcoule (Gard). Le sinistre a été maîtrisé en moins d’une demi-heure.
 
Selon les premières constatations des sauveteurs, un four de fusion de métaux a explosé, peut-être en raison de la présence de déchets liquides mélangés aux métaux.
 
L’accident a entrainé la mort d’une personne et en a blessé quatre autres, dont l’une est très gravement brûlée. Conformément aux procédures, l’exploitant a déclenché son plan d’urgence interne. L’ASN a dépêché des inspecteurs sur le site.
 
Selon l’Autorité de sûreté, le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) et EDF, aucun rejet radioactif n’a été détecté par les nombreuses balises installées dans la région. Une affirmation confirmée par la Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité (Criirad).
 
Selon un expert de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), le four contenait quatre tonnes de métaux dont la radioctivité totale était très faible :  67.000 becquerels. Ce qui est sans aucune commune mesure avec l’activité contenue dans un réacteur en activité. Pour mémoire, les seuls rejets de radioactivité de Fukushima dans la mer sont évalués à 15.000 terabecquerels, soit 15.00012 becquerels.
 
Sur place, un membre de la direction du site, Roland Vierne, a précisé que la déflagration ne s'était pas produite dans le four lui-même, mais dans le local où il est situé.
 
«Aucune mesure de confinement ou d'évacuation» des salariés «n'a été nécessaire» sur le site, indique de son côté le ministère de l'intérieur. Les blessés «n'ont pas été contaminés» et la personne décédée est «morte dans l'explosion». «Cet accident ne comporte pas d’enjeu radiologique ni d’action de protection des populations», confirme l’ASN.
 
Vers 16 h, l’ASN a suspendu son organisation de crise. Elle réalisera toutefois des inspections, «en lien avec l’inspection du travail, pour analyser les causes de l’accident».
 
Spécialisée dans le traitement thermique (en fait la réduction de leur volume) des déchets faiblement et très faiblement radioactifs, Socodei traite chaque année 6.000 tonnes de déchets radioactifs. Centraco comporte un four d’incinération (pour les déchets solides et liquides) et un four électrique à induction (pour les déchets métalliques). C’est ce dernier qui a explosé.
 
Incinérés ou fondus, les déchets (ou leurs cendres) sont ensuite conditionnés et envoyés dans les centres de stockage gérés par l’Agence nationale de la gestion des déchets radioactifs (Andra).
 
En 11 ans, l’ASN a relevé 19 incidents sur le site Centraco. Le 24 février 2003, un départ de feu imputable à la présence inopportune de déchets liquides avait rapidement été maîtrisé.
 
Dans son rapport 2010, l’ASN rappelait avoir tancé les exploitants de Centraco «devant le constat de lacunes dans la culture de sûreté».
Par la suite, le gendarme du nucléaire français constatait «que les mesures correctives mises en place par l’exploitant commencent à produire des effets sur le terrain. Si les nouvelles dispositions mises en œuvre indiquent une réelle implication de l’exploitant pour remédier aux difficultés rencontrées, l’ASN veille toutefois à ce que la stratégie mise en œuvre permette d’inscrire ces progrès dans la durée».


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