Accès à l'énergie dans le monde: l’ONU exhorte l'Europe à s'engager plus

Le 18 avril 2012 par Geneviève De Lacour
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L'accès à l'énergie dans les pays en développement, un enjeu européen?
L'accès à l'énergie dans les pays en développement, un enjeu européen?

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a appelé lundi 16 avril l'Union européenne à faire preuve de leadership politique pour développer l'accès à l'énergie dans les pays en développement, dans le but de parvenir à un accès universel à l'énergie d'ici 2030.

L'ONU souhaite aussi doubler la part des énergies renouvelables ainsi que le taux d'amélioration de l'efficacité énergétique dans le monde d'ici 2030, a rappelé Ban Ki-moon à Bruxelles, lors d'une réunion avec les ministres européens du développement et des représentants de groupes privés du secteur de l'énergie.

«Ces objectifs sont réalisables si vous faites preuve de leadership politique», a-t-il plaidé devant eux. L'UE est le premier donateur mondial en matière d'aide au développement. L’Union s’est en effet déjà engagée à fournir un accès à des services énergétiques modernes et durables à 100 millions de personnes supplémentaires en Afrique d'ici 2020.

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a annoncé lors de cette réunion bruxelloise, s'être fixé un nouvel objectif: celui de contribuer à offrir d'ici 2030 un accès à l'énergie à 500 millions de personnes supplémentaires dans les pays en voie de développement.

Ainsi, Bruxelles, dans le cadre d’un nouveau mécanisme d'assistance technique de l'UE va débloquer 50 millions d'euros sur deux ans pour aider les pays qui le souhaitent à bénéficier d'expertise sur le terrain, a précisé José Manuel Barroso.

«Cette promesse démontre notre propre engagement et notre espoir que d'autres se joindront à nous pour que, d'ici 2030, l'accès à l'énergie ne soit plus un privilège mais un droit pour tous», a souligné le président de la Commission.

Alors que Rio+20 doit se tenir en juin prochain au Brésil, avec comme objectif d'élaborer un plan d'action pour le développement durable de la planète, l'UE et ses Etats membres vont chercher à mobiliser des aides supplémentaires pouvant aller jusqu’à plusieurs centaines de millions d'euros pour soutenir de nouveaux investissements dans le secteur de l'énergie durable dans les pays en développement, a précisé la Commission dans un communiqué publié le 16 avril.

Une partie de ces sommes serait apportée par la Banque européenne d'investissement (BEI), mais les Européens entendent également coopérer activement avec d'autres banques ainsi qu’avec le secteur privé afin d'obtenir un important effet de levier.

«Ce n'est pas une question de charité, a souligné Ban Ki-moon. Nous devons repenser les solutions énergétiques conventionnelles, dans le contexte d'un réchauffement climatique global notamment.»

Une personne sur cinq n'a pas accès à l'électricité et près de trois milliards d'individus -soit plus de 40% des habitants de la planète- font la cuisine et chauffent leur logement avec des foyers ouverts ou des fourneaux fonctionnant au charbon ou avec des biomasses (bois, déjections animales).

Les objectifs de l'ONU en matière d'énergie sont dans l'ensemble accueillis favorablement par les ONG, même s'ils ne sont pas assez ambitieux, relève le WWF, pour empêcher par exemple un réchauffement climatique de deux degrés celsius.

En outre, l'UE a un problème majeur de cohérence en matière d'accès à l'énergie. Si elle est effectivement capable d'apporter des fonds et de l'expertise aux pays en développement, elle les exploite en même temps pour répondre à ses propres besoins en biocarburants, affirme Blandine Bouniol de la confédération d'ONG européennes Concord.

 



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