Accès à l’eau et à l’assainissement: l’état d’urgence

Le 21 mars 2008 par Agnès Ginestet
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A l’occasion de la Journée mondiale de l’eau du 20 mars, des ONG et l’Agence française du développement (AFD) ont appelé à la solidarité nationale et internationale en matière d’accès à l’eau potable et à l’assainissement.

«Un point d'eau coûte 15.000 euros, et permet à 300 habitants d'avoir de l'eau pour toujours». Laurent Chabert d'Hières, directeur de l'association Eau vive, coordonne la coalition eau qui regroupe 22 ONG françaises. L'un des engagements de ces militants consiste à trouver des moyens pour atteindre l'objectif du Millénaire visant à réduire de moitié d'ici 2015 le pourcentage de personnes n'ayant pas accès de façon durable à un approvisionnement en eau potable et à un système d'assainissement de base. C'est également dans cette optique que l'ancien président Jacques Chirac avait appelé en 2005 à un doublement d'ici 2015 de l'aide mondiale publique au développement. Mais Laurent Chabert d'Hières estime que l'AFD, qui participe au financement du développement dans les pays qui en ont besoin, reste loin de l'objectif fixé, même si elle poursuit son effort. En 2007, l'Agence a octroyé 400 millions d'€ à de nouveaux projets en eau et assainissement. Elle travaille avec les gouvernements et autorités locales concernés, et l'une de ses principales missions est la responsabilisation des acteurs. Elle a par exemple soutenu la politique d'hydraulique urbaine au Sénégal qui était, selon le responsable eau et assainissement Maurice Bernard, «sinistrée il y a 10 ans».

La coalition eau souhaite par ailleurs que les entreprises et les citoyens français se mobilisent, ainsi que les élus. La loi Oudin-Santini de 2005 autorise en effet les communes ou les syndicats mixtes chargés des services publics d'eau potable et d'assainissement à consacrer jusqu'à 1% de leur budget à des actions de coopération internationale. «Sur un potentiel de 120 millions d'€, aujourd'hui, seuls 10 millions sont prélevés», remarque Maurice Bernard. «La marge de progression est considérable. Mais cette loi est très mal connue, les réticences à s'engager nombreuses, et des associations de consommateurs y voient un prélèvement supplémentaire sur la facture», constate de son côté Laurent Chabert d'Hières.

En débat également, la question du mode de gestion des services dans les pays concernés par les problèmes d'accès à l'eau et à l'assainissement, en Afrique tout particulièrement. «L'atteinte des objectifs du Millénaire ne doit pas passer par des financements privés (…) Le droit à la vie relève de la responsabilité de la collectivité, mais malheureusement, les responsables politiques d'aujourd'hui ne le croient pas», estime Riccardo Petrella, fondateur du Comité international pour un contrat mondial de l'eau, qui qualifie le partenariat public-privé (PPP), dispositif notamment incité par la France, de «programmation de la privatisation du profit». Laurent Chabert d'Hières milite aussi pour une gestion publique, car les bénéfices générés peuvent notamment être réinvestis dans les services d'eau de communes voisines. L'AFD estime quant à elle que sur le terrain,  les échec de la gestion publique de l'eau et de l'assainissement sont aussi nombreux que ceux que de la gestion privée. «On est dans un objectif de résultats, pas de moyens», souligne ainsi Maurice Bernard.

Reste que dans un pays considéré comme «développé» tel que la France, des inégalités subsistent. Selon Laurent Chabert d'Hières, 5% des citoyens ont du mal à régler leur facture d'eau. «Les maires peuvent s'assurer que tout le monde a accès à l'eau dans leur commune», ajoute-t-il.  Par ailleurs, Outre-mer, l'accès à l'eau pose problème dans certaines collectivités (Nouvelle-Calédonie et Polynésie française), et quant à l'assainissement, Maurice Bernard estime que «la situation est urgente partout».




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