Accès à l’eau : comment gérer les pénuries à venir ?

Le 09 septembre 2010 par Célia Fontaine
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Du 5 au 11 septembre 2010, trente pays se réunissent à Stockholm pour la 20e édition de la semaine mondiale de l’eau. A l’ordre du jour des échanges, un sujet récurrent : l’accroissement de la pollution de l’eau et ses conséquences dans le monde, ou comment gérer le « défi de la qualité de l'eau ».

Expansion démographique rime avec augmentation de la pollution, en particulier des eaux. Et manque d’eau potable et d’infrastructures d’assainissement adéquates riment avec nombreux décès. « La compétition augmente ente la croissance rapide de la population mondiale, qui a besoin de plus d'eau pour boire, pour l'assainissement, la production agricole et le développement économique, et les espèces et les écosystèmes, qui ont besoin d'eau pour survivre », indique le Programme des Nations Unies pour l'environnement (Pnue) dans un rapport publié le 7 septembre. De quoi alimenter le débat entre les quelques 2500 experts réunis à Stockholm.

Si les gouvernements n'agissent pas rapidement sur la législation de l'eau douce, 135 millions de décès évitables pourraient survenir d'ici à 2020, indique le Pnue. Dans les pays en développement, où la situation est la plus critique, pas moins de 70% des déchets industriels sont déversés directement dans les eaux sans avoir été traités, polluant sévèrement les ressources en eau potable. En plus d’affecter la santé humaine, la pollution a des répercussions sur les écosystèmes aquatiques et terrestres. Par exemple, en Amérique du Nord, 27% de la faune d'eau douce est menacée d'extinction.

Le fait de reconnaître l’accès à l’eau potable et à l’assainissement comme un droit de l’homme à part entière (voir JDLE) ne règle malheureusement pas la question sur le terrain. Selon l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), dans les 15 prochaines années, 1,8 milliard de personnes vivront dans des pays ou des régions confrontées à un manque d'eau sévère. Les deux-tiers des habitants de la planète pourraient subir des pénuries d'eau.

Pour atténuer ces lacunes et réduire la pollution de l’eau, la FAO émet une suggestion, dans un rapport publié à l’ouverture de la semaine mondiale de l’eau. Intitulé « The Wealth of Waste : The Economics of Wastewater Use in Agriculture», l’étude préconise l’utilisation des eaux urbaines usées (mais recyclées) dans l’agriculture. Cette pratique comporte de nombreux avantages, selon la FAO, qui regrette qu’elle ne soit pas aussi diffuse qu’elle le devrait.

La question n’est pas nouvelle, puisqu’en 1994 le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et la Banque mondiale Programme pour l'eau et l'assainissement (WSP) ont publié un guide pour la réutilisation des eaux usées en agriculture.

Le rapport de la FAO du 5 septembre met en avant les avantages de l’irrigation par les eaux usées. « La réutilisation sûre des eaux usées pour la production vivrière peut atténuer la compétition pour l'eau entre les villes et l'agriculture dans les régions souffrant de pénuries », explique Pasquale Steduto, Directeur adjoint de la Division des terres et des eaux de la FAO. « Dans les contextes adéquats, elle peut aussi contribuer à remédier au problème des effluents urbains et de la pollution qui en découle », poursuit-il.

L'Espagne et le Mexique font partie de la cinquantaine de pays qui utilisent des eaux usées « régénérées » (recyclées) pour l'irrigation. De cette manière, les agriculteurs évitent une partie des coûts liés au pompage des nappes souterraines. En outre, la présence de nutriments dans les eaux usées permettrait de réduire leurs dépenses d'engrais.

Passé le cap des investissements de départ et des coûts d'exploitation permanents, « le principal avantage de ces systèmes sera vraisemblablement la disponibilité d'eau douce pour l'utilisation urbaine ou industrielle qui réduirait le coût de localisation d'autres ressources hydriques par des moyens plus onéreux, à la charge des autorités municipales », explique la FAO. Autre avantage, du biogaz peut être récupéré de l’épuration.

Evidemment, l'eau non traitée ne peut être utilisée pour l'irrigation, car elle peut être contaminée chimiquement et biologiquement, par les rejets des animaux ou des hommes.

En France, la possibilité d’irriguer avec des eaux usées a été récemment officialisée par arrêté (dans le JDLE).

Ces sujets seront à nouveau débattus lors du 6e forum mondial de l'eau qui aura lieu à Marseille en mars 2012.



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