Abeilles: la luminothérapie contre les néonicotinoïdes?

Le 16 novembre 2016 par Romain Loury
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Des infrarouges contre les néonicotinoïdes
Des infrarouges contre les néonicotinoïdes

Des chercheurs londoniens sont parvenus à protéger des abeilles contre les néonicotinoïdes, en les exposant à un rayonnement proche de l’infrarouge, lors de travaux publiés mardi 15 novembre dans la revue PLoS ONE.

Agissent sur les neurones, ces insecticides affectent le fonctionnement des mitochondries, chargées de produire l’énergie cellulaire sous forme de la molécule ATP. Les neurones étant les cellules ayant grand besoin d’énergie, l’insecte se retrouve rapidement à plat, incapable de bouger et de se nourrir, jusqu’à la mort.

Plusieurs études ont montré que les rayonnements proches de l’infrarouge, d’une longueur d’onde de 670 nanomètres –la frontière entre infrarouge et lumière visible se situe à 700 nm-, stimulent les mitochondries. Chez les souris, ces travaux ont ainsi montré une hausse de la production d’ATP et une baisse de l’inflammation liée au vieillissement. Chez des mouches, ce traitement a même entraîné un allongement de la durée de vie.

Meilleure survie

La luminothérapie pourrait-elle prévenir la toxicité des néonicotinoïdes chez les abeilles? C’est ce qu’a cherché à savoir l’équipe de Glen Jeffery, de l’University College de Londres. Pour cela, les chercheurs ont formé quatre groupes d’environ 400 abeilles chacune: l’un (contrôle) n’était pas traité, le deuxième était exposé au néonicotinoïde imidaclopride, le troisième était traité par des rayons de longueur d’onde 670 nm (deux fois 15 minutes par jour), tandis que le quatrième recevait imidaclopride et rayonnement.

Résultat, le néonicotinoïde entraîne certes une baisse de production d’ATP (environ -25% par rapport au contrôle), mais elle est presque entièrement contrebalancée par les rayonnements. Ce qui se traduit par un rétablissement de la mobilité, de l’acuité visuelle, mais aussi de la survie: les abeilles exposées au néonicotinoïde et protégées par luminothérapie présentent une survie proche des contrôles, avec un taux de mortalité de 30% à 10 jours –contre 70% pour le seul imidaclopride.

C’est dans le groupe d’abeilles traitées uniquement par luminothérapie que les résultats sont les meilleurs: à dix jours, le taux de mortalité n’y est que de 15%, soit deux fois moins que le groupe contrôle. Les différences entre les groupes, aussi bien en termes de survie que de mobilité, persistent après dix jours, c’est-à-dire après la fin des traitements.

Mise au point d’un dispositif commercial

Les chercheurs travaillent actuellement à la mise au point d’un dispositif de luminothérapie pouvant être placé dans les ruches, qui «pourrait constituer une solution économique à un problème généralisé», juge Glen Jeffery. Selon les chercheurs, ce traitement ne poserait aucun problème pour l’abeille, incapable de percevoir cette longueur d’onde qui agit directement sur le cerveau.



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