Abeilles: l’aluminium aussi impliqué?

Le 09 juin 2015 par Romain Loury
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Nouvelle menace sur les abeilles?
Nouvelle menace sur les abeilles?
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Au-delà des néonicotinoïdes, les insectes pollinisateurs seraient-ils aussi malades de l’aluminium? Selon une étude britannique publiée dans la revue PLoS ONE, ce métal lourd, aux effets neurotoxiques, serait présent en abondance dans leur organisme, et pourrait en partie expliquer leur surmortalité.

Entre autres sources anthropiques d’aluminium, l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris) évoque, dans une fiche consacrée à ce métal lourd, sa production industrielle, l’industrie minière, l’agriculture, la combustion du charbon, les fonderies et les échappements des automobiles.

Pourtant, difficile d’en savoir plus sur la contamination environnementale, ce métal lourd, que l’on retrouve dans les pluies acides, n’étant pas réglementé. Contactés par le JDLE, ni Airparif, ni Air Rhône-Alpes, ni l’Ineris n’ont pu fournir de données à ce sujet.

L’équipe de David Goulson, biologiste à l’université du Sussex à Brighton, s’est intéressée à sa présence chez les bourdons, qui comme d’autres pollinisateurs dont les abeilles, connaissent ces dernières années une forte surmortalité. A l’origine de leur curiosité, le fait que l’aluminium soit, comme les néonicotinoïdes, un neurotoxique, et qu’il a même été impliqué dans la maladie d’Alzheimer. Or des études ont montré sa présence dans le nectar et le pollen des fleurs.

Jusqu’à 20% du poids sec!

Les chercheurs ont dosé l’aluminium dans 72 pupes (stade intermédiaire entre la larve et l’adulte) issues de 20 colonies de bourdons implantées dans divers sites du Sussex de l’Est. Résultat: le métal y était présent à des teneurs allant de 13,4 à 193,4 microgrammes par gramme de poids sec, sans différence entre les sites urbains et ruraux.

Les chercheurs n’ont pas trouvé de lien entre la santé de la colonie et son imprégnation par l’aluminium, mais le poids de la pupe était lié à sa teneur en aluminium. S’ils reconnaissent qu’il est difficile de conclure en l’état, vu la faible taille de l’étude, les chercheurs s’étonnent d’une telle contamination, à «des niveaux d’un ordre de grandeur plus élevé que ceux nocifs pour l’homme».

«Les colonies d’abeilles sont très dépendantes de la capacité de leurs membres à apprendre, à s’orienter et à voler sur de longues distances au cours du butinage: on peut donc s’attendre à ce qu’elles soient particulièrement sensibles aux effets neurotoxiques», expliquent les chercheurs.



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