Abeilles et fleurs: le réchauffement, briseur de couples

Le 25 septembre 2015 par Romain Loury
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Bombus balteatus
Bombus balteatus
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Le réchauffement climatique perturbe les relations de mutualisme entre espèces. Publiée jeudi 24 septembre dans Science, une étude américaine en décrit un exemple dans le Colorado, où les bourdons, obligés de devenir moins sélectifs dans leur choix de fleurs, ont rapidement évolué en fonction.

Fruits de millions d’années de coévolution, les relations mutualistes entre espèces pourraient bien être bouleversées par la hausse de 3°C à 4°C qui nous attend d’ici la fin du XXIème siècle. Pure spéculation de biologistes?

Pas du tout, comme le révèlent, exemple à l’appui, Nicole Miller-Struttmann, de l’université du Missouri à Columbia, et ses collègues. Les chercheurs se sont interrogés sur la récente raréfaction des pollinisateurs à langue longue, organe qui leur permet d’aller chercher le nectar dans des fleurs à corolles profondes.

Depuis 1966, cet organe se serait rétréci d’environ un quart chez les espèces de bourdons Bombus balteatus et Bombus sylvicola, qui abondent sur les flancs des montagnes du Colorado. Si le phénomène était déjà connu, les chercheurs ont tenté d’en trouver l’explication, écartant tour à tour plusieurs hypothèses.

-60% de fleurs

Primo, la taille de la langue a diminué indépendamment de celle du corps, qui est resté de taille similaire. Deuxio, il ne s’agit pas d’une arrivée de bourdons de plus basse altitude, à langue plus courte. Et tertio, les fleurs à corolle profonde constituent toujours la même proportion de celle trouvées en altitude.

L’équipe a finalement trouvé l’explication: une raréfaction de toutes les espèces de fleurs, quelle que soit leur taille. Depuis les années 1970, l’habitat étudié par les chercheurs, à environ 400 mètres d’altitude, aurait perdu 60% du nombre de fleurs. La raison en est simple: avec le réchauffement climatique, 48% des étés depuis 1985 dépassent la température minimale de 3,25°C, au-delà de laquelle on observe une chute du nombre de fleurs, contre 12% des étés entre 1960 et 1985.

Confrontés à une telle insécurité alimentaire, les bourdons à langue longue n’ont eu d’autres choix que d’ouvrir leur régime à d’autres types de fleurs, dont celles à corolle peu profonde. La sélection naturelle a ainsi favorisé les individus à langue plus courte, entraînant un rapide rétrécissement de l’organe chez ces deux espèces.

Pour les chercheurs, «cet exemple illustre ce qui pourrait se passer avec le réchauffement climatique dans d’autres systèmes. Ils révèlent comment les changements en cours parviennent à défaire des relations de mutualisme entre les pollinisateurs et les plantes, pourtant établies de longue date».



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