A Taïwan, on apprend les toilettes aux cochons

Le 05 janvier 2011 par Célia Fontaine
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Afin de diminuer la pollution des eaux, l'administration de protection de l'environnement de Taïwan veut encourager les éleveurs à apprendre la propreté à leurs cochons, rapporte l’AFP le 5 janvier.

C’est un éleveur de porcs dans le sud de l'île qui a donné cette idée à l’administration, après avoir trouvé, fin 2009, un moyen pour empêcher le lisier de ses 10.000 animaux de polluer les rivières environnantes. L’éleveur a tout simplement incité les cochons à se rendre dans des « toilettes » aménagées par ses soins, en épandant des excréments sur des bouts de terrain. Contrairement aux idées reçues, le cochon est par nature un animal très propre, qui dissocie lieux de nourriture, de repos et d’aisance.

Les résultats ne se sont pas fait attendre. Le volume des eaux polluées a été réduit de 80 %, l'exploitation agricole, plus propre, a vu le nombre de maladies se réduire et le taux de fertilité augmenter de 20 %.

En France, le problème ne se pose pas de la même façon, puisque les élevages en plein air se font de plus en plus rares. « 90 à 95 % des porcs sont élevés en bâtiment, sur caillebotis (dalle de béton, ndlr) », nous explique Aurélia Warin, de la Protection mondiale des animaux de ferme (PMAF). « La densité dans ces bâtiments reste importante, et le lisier qui est récupéré sous la dalle, non mélangé à la paille, est trop concentré en nitrates pour pouvoir être épandu sans risque de pollution », poursuit-elle.

Les éleveurs de porcs français sont soumis à la réglementation ICPE (installations classées pour la protection de l'environnement). A partir de 450 animaux-équivalents, c'est le régime des installations classées soumis à autorisation qui s'applique. Entre 50 et 450 animaux-équivalents, les porcheries sont soumises à simple déclaration.

Pour préserver la qualité de l’eau, la loi fixe les quantités d’azote à épandre. La Bretagne est la région la plus concernée par les excédents (dans le JDLE).

Afin de limiter les pollutions, « l’élevage sur paille devrait être remis au goût du jour. Le mélange paille et déjections de porc forme un fumier valorisable, très prisé des maraîchers », souligne Aurélia Warin. Mais dans l’esprit des éleveurs de porc, revenir au système de la paille est vu comme un archaïsme et demanderait de casser l’infrastructure en béton du caillebotis. Peu sont donc prêts à opérer ce changement.



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