A quoi ressemble un poulet bio?

Le 16 mai 2012 par Geneviève De Lacour
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Débat sur la durée de vie des poulets bio
Débat sur la durée de vie des poulets bio

Le 25 octobre dernier, le volailler Duc inaugurait ses tout nouveaux poulaillers à Tannerre-en-Puisaye (Yonne) lançant ainsi sa filière de poulets bio. Le groupe Duc est donc le premier industriel à faire du poulet bio abattu à 71 jours, contre 81 pour les autres filières bio françaises et notamment le Label rouge. Une décision qui n’est pas du goût de la filière avicole bio.

«Le groupe Duc profite d’un vide réglementaire au niveau européen», explique Dominique Marion, président de la Fédération nationale de l’agriculture biologique (Fnab). Le volailler a en effet exploité l’un des rares points de subsidiarité nationaux restants, que la France a validé en 2009: la possibilité de réduire le nombre de jours d’élevage. LEurope est moins exigeante en la matière puisqu’elle n’exige aucune durée minimale d’élevage pour les souches dites «à croissance lente», c’est-à-dire de type poulet fermier.

Du côté du Label rouge, le label le plus représenté dans la volaille, l’abattage n’est possible qu’à partir de 81 jours. Certains éleveurs n’hésitent pas non plus à produire du «bio premium», avec des volailles abattues à 91 jours. Enfin, d’autres éleveurs ont créé le label «bio cohérence» qui exige que la ferme soit 100% biologique et que le lien au sol soit au moins de 50%.

Duc a ainsi construit 12 poulaillers dans lesquels le poulet devra partager sa vie avec 17 de ses congénères contre 22 pour les poulaillers plus classiques, soit un total de 4.800 volatiles par poulailler. En réduisant de 10 jours la durée d’abattage, le groupe Duc espère diminuer ses coûts de production et proposer ainsi aux consommateurs des poulets bio moins onéreux.

Selon Eric Cachan, le président du Syndicat national de labels avicoles français (Synalaf), «contrairement aux pays du nord de l’Europe, les consommateurs attendent des poulets bio qu’ils soient goûteux. Or il est prouvé que leur qualité gustative est directement liée à la durée de l’élevage».

Au moment de l’inauguration de ces poulaillers, la Fnab déplorait dans un communiqué, la «quasi-absence de lien au sol alimentaire, les poulaillers étant installés dans des fermes qui resteront conventionnelles pour leurs autres productions et ne pourront donc pas nourrir leur élevage avec leurs propres céréales». Duc s’est défendu en garantissant que l’alimentation de ses poulets bio abattus à 71 jours provenait en grande partie des producteurs bio locaux, notamment en ce qui concerne les céréales et les tourteaux de colza.

Pour contrer le volailler, la Fnab, le Synalaf et le Syndicat national des agriculteurs biologiques (Synabio) ont envoyé à l’Institut national de l’origine et de la qualité (Inao) une demande de révision du cahier des charges des élevages français afin d’interdire la pratique de l’abattage inférieur à 81 jours.

Contre toute attente, la filière bio a obtenu gain de cause auprès de l’Inao. Selon un article du journal satirique Le Canard enchaîné publié aujourd’hui 16 mai, un éleveur bio ne peut dorénavant plus faire grossir son poulet de plus de 27 grammes par jour (au lieu de 35 grammes actuellement). Résultat, il sera impossible de faire grandir du poulet bio en moins de 81 jours.

Reste à savoir maintenant si le nouveau ministre de l’agriculture va confirmer cet arrêté et le signer. Auquel cas, le «bio low cost» aura vécu.

 



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