A quand les défibrillateurs en entreprise?

Le 03 janvier 2005 par Christine Sévillano
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En France, des importateurs distribuent des défibrillateurs semi-automatiques plus faciles d'utilisation que les appareils professionnels. Mais les ventes ne décollent pas car la réglementation française ne donne le droit de manier ces appareils qu'aux seuls secouristes munis de deux certificats de formation.

La vente de défibrillateurs semi-automatiques et automatiques à destination des lieux publics et des entreprises afin d'intervenir en cas d'arrêt cardiaque est toujours freinée par la réglementation. Ils sont toutefois d'un maniement bien plus simple que les outils professionnels utilisés dans les hôpitaux et par les pompiers. "Aujourd'hui, vous pouvez être poursuivi si vous utilisez ces appareils et que vous n'avez pas reçu la formation adéquate", explique Carine Soula, chef de produit chez Haléco (sept millions d'euros de chiffre d'affaires en 2004), distributeur de matériel pour l'hygiène, la sécurité et l'environnement du travail qui commercialise les défibrillateurs du fabricant américain Cardiac Science.

Il faut avoir suivi une formation de secouriste pour pouvoir faire usage d'un défibrillateur, comme le prévoit l'arrêté du 10 septembre 2001. Les sauveteurs doivent posséder l'attestation de formation complémentaire aux premiers secours avec matériel et le certificat de formation aux activités des premiers secours en équipe. Pourtant, chez Haléco, on soutient que ces appareils peuvent être utilisés par un grand nombre de personnes sans formation particulière. Le défibrillateur semi-automatique analyse le rythme cardiaque de la victime et explique les manipulations à faire à l'utilisateur qui n'a plus qu'à les mettre en oeuvre. Il s'agit surtout d'appuyer sur le bouton qui envoie la décharge. Le défibrillateur automatique nécessite la pose des électrodes sur le corps de la personne en arrêt cardiaque. L'appareil mesure ensuite la décharge à envoyer. "Ce dernier modèle que nous proposons depuis six mois, peut permettre de contourner la loi. En effet, l'utilisateur n'actionne pas le bouton qui envoie la décharge", poursuit Carine Soula.

Un document de 2002 de l'Institut national de recherche et de sécurité (INRS) évoquait déjà la notion de "public access", à savoir mettre à disposition "de toute personne habilitée" des défibrillateurs semi-automatiques dans les lieux publics ou les familles à risque. Mais pour l'INRS, ce phénomène impliquerait une formation de toute la population à la réanimation cardio-pulmonaire de base et à l'alerte précoce aux services de secours organisés. Formation ou pas, les ventes aux Etats-Unis se multiplient. C'est dans ce pays que Cardiac Science écoule 70% de sa production. Les défibrillateurs sont présents dans de nombreux lieux publics comme les aéroports, les galeries commerciales et certaines industries. "Nous-mêmes, au cours des salons, avons rencontré de nombreux élus des collectivités locales intéressés et quelques industriels sensibilisés. Mais outre le frein réglementaire, le coût d'achat est assez élevé puisque l'appareil s'élève à 2.500 euros. Dans les grandes villes et entreprises, il faut en mettre plusieurs pour mieux prévenir", poursuit la chef de produit.

Aujourd'hui la vente de ce produit est très limitée. Haléco n'en a vendu aucun même si elle table sur une sensibilisation croissante du public qui permettrait une évolution de la réglementation, des élus et industriels pour faire décoller les ventes dans les années à venir. "Les industriels vont progressivement changer de mentalité. Outre l'aspect humain et l'importance pour leur image, ils prendront en compte le côté financier, puisque perdre un salarié coûte cher", conclut Carine Soula. Elle rappelle en outre que les chances de récupérer une personne victime d'une attaque sont plus grandes quand on dispose d'un appareil à proximité car on peut intervenir au bout de deux à trois minutes. Les secours mettent au moins cinq à sept minutes pour arriver. Chaque année, 60.000 personnes sont victimes du syndrome dit de mort subite en France. Des arguments qui inciteraient à s'équiper de défibrillateurs au même titre que les extincteurs.




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