A Pékin, des bébés dans une forme olympique

Le 29 avril 2015 par Romain Loury
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Un été moins brouillé
Un été moins brouillé
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Le sport, c’est la santé! A Pékin, les Jeux olympiques de 2008 auront au moins eu un mérite, celui de diminuer temporairement la pesante pollution atmosphérique. Avec des effets sanitaires immédiats, comme le confirme une étude publiée dans la revue Environmental Health Perspectives: les enfants nés immédiatement après présentaient un poids plus élevé que d’habitude.

Ville parmi les plus polluées au monde, Pékin a connu une nette embellie pendant les Jeux olympiques et paralympiques de 2008, qui se sont successivement déroulés entre le 8 août et le 17 septembre. Interdiction des véhicules les plus polluants, circulation alternée, mise à l’arrêt d’usines et des chantiers de construction, mais aussi météorologie favorable… au final, les principaux polluants ont connu, entre juin et octobre 2008, une baisse allant de 18% à 60%.

Plusieurs travaux ont déjà révélé une amélioration des capacités cardiovasculaires et respiratoires chez les Pékinois au cours des Jeux, notamment une baisse de 46% des consultations médicales pour asthme. Mais les femmes enceintes et leurs enfants à naître en auraient aussi profité, avec un meilleur poids à la naissance chez ceux nés dans la foulée des Jeux, comme le révèle une nouvelle étude.

En soi, le phénomène n’a rien de neuf: la pollution atmosphérique diminue le poids de naissance, accroît le risque de prématurité. Ce que l’étude menée par David Rich, de l’université de Rochester (New York), et ses collègues révèle -et que l’on ignorait jusqu’alors-, c’est que l’effet est immédiat, et que la période de vulnérabilité se situe en fin de grossesse.

Un effet au 8e mois, pas avant

Les chercheurs ont analysé 83.672 naissances pékinoises, aussi bien chez des femmes enceintes au cours des Jeux de 2008 que, à titre de comparaison, chez celles ayant vécu leur grossesse en 2007 et 2009. Lorsque la grossesse en était à son 8e mois au cours des Jeux, les chercheurs observent une hausse de 23 grammes du poids de naissance [1]. Cet effet, statistiquement significatif, n’était pas observé pour les mois 1 à 7.

Indépendamment de l’année de naissance, l’équipe confirme un lien étroit entre la pollution atmosphérique et le poids de naissance lorsque le fœtus y est exposé au 8e mois. Notamment pour les particules PM2,5, le monoxyde de carbone (CO), le dioxyde de soufre (SO2) et le dioxyde d’azote (NO2), avec des baisses de poids de naissance comprises entre 17 g et 34 g.

Pour les chercheurs, «les phases tardives de la grossesse constituent une période particulièrement importante de croissance fœtale: c’est à ce moment que le fœtus grandit le plus vite, et que le développement du cerveau, du système cardiovasculaire, des muscles et du squelette s’accélère. Notre étude suggère que la pollution pourrait perturber cette période de développement».

Confirmant l’existence d’une fenêtre de vulnérabilité, ces travaux ouvrent la voie à l’étude des mécanismes impliqués dans la toxicité fœtale des polluants atmosphériques. Selon les chercheurs, ils pourraient favoriser un état inflammatoire chez la mère, altérer le fonctionnement du placenta ou réduire l’apport de nutriments à l’enfant.

[1] En raison du protocole, il n’était pas possible d’analyser le 9e mois de grossesse. D’une part, les chercheurs n’ont étudié que les naissances survenues après, et non pendant, la période des Jeux. D’autre part, ils ont choisi de catégoriser les femmes par mois de grossesse, choisissant celui qui présentait au moins 24 jours sur une période de 47 jours allant du 8 août au 24 septembre 2008.



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