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A Paris, le fond de l’air n’effraie pas

Le 19 janvier 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Pierre Carli (à gauche) rappelle que l'analyse des données est complexe.
Pierre Carli (à gauche) rappelle que l'analyse des données est complexe.
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Valérie Pécresse ne prouve pas que la fermeture des berges rive droite à Paris contribue à dégrader la qualité de l’air parisien.

L’intensité du conflit qui oppose la mairie de Paris et la région Ile-de-France ne faiblit pas. Ce jeudi 19 janvier, Valérie Pécresse, présidente LR de l’exécutif régional, présentait la troisième mouture de «l’évaluation des impacts de la piétonisation des voies sur berge rive droite à Paris».

Résultats préoccupants

Conduite par le médecin-chef du Samu parisien Pierre Carli, l’étude fait réfléchir: «Par rapport à 2015, les émissions induites depuis la fermeture en septembre 2016 par le ralentissement des voitures ont augmenté de 53% pour le NOx et de 49% pour les particules sur les quais hauts, et de 18% pour les NOx et 15% pour les particules sur le boulevard Saint Germain.» «Les résultats sont préoccupants», conclut Valérie Pécresse, la mine grave.

13 stations seulement

Est-ce si évident que cela? Pas si sûr. Tout d’abord, l’étude n’évalue pas l’évolution de la qualité de l’air francilien mais celui de Paris, entre septembre et décembre 2016. Et encore. Seules les données de 13 stations gérées par l’association francilienne de mesure de la qualité de l’air Airparif ont été retenues par le comité régional de suivi: précisément celles devant lesquelles le trafic a progressé du fait de la fermeture de la voie sur berge rive droite. Le résultat était couru d’avance. Sauf que ça ne fonctionne pas.

Baisse des polluants majoritaires

Prenons l’évolution des concentrations d’oxydes d’azote, entre les 4 derniers mois de 2014 et la même période de 2016: 52% des mesures montrent une baisse des concentrations de NOx entre 2014 et 2016; 42% montrent, au contraire, une hausse. Et 8% présentent les mêmes résultats. Commentaire d’un spécialiste d’une association de mesure de la qualité de l’air: «Ce n’est absolument pas significatif, on reste dans l’évolution normale de la pollution urbaine.»

Analyse complexe

Pierre Carli appelle d’ailleurs Valérie Pécresse à la mesure: «L’analyse des résultats est complexe. On ne peut exclure que les reports de circulation n’expliquent pas les évolutions des émissions de polluants.» Effectivement, rappelle Airparif, «les conditions météorologiques plus ou moins dispersives, pour une même quantité de polluants émis, peuvent soit améliorer la qualité de l’air, par exemple s’il pleut, soit au contraire la dégrader.»

En début de semaine, la mairie de Paris indiquait que la piétonisation des berges n’avait pas fait exploser le temps de parcours des automobilistes dans Paris ni dégradé la qualité de l’air local. Un air qui pourrait encore s’épurer du fait de l’entrée en vigueur du dispositif Crit’air. Obligatoire depuis le début de l’année, le système de vignette devrait progressivement débarrasser le parc automobile francilien des véhicules les plus polluants.



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