A Paris, la pollution rend les candidats nerveux

Le 11 mars 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Alerte rouge à la pollution atmosphérique en région parisienne.
Alerte rouge à la pollution atmosphérique en région parisienne.
Airparif

Les principaux candidats à la mairie de Paris se saisissent du problème de la pollution atmosphérique pour mieux s'empoigner. En attendant, particules fines et NOx prospèrent.

Quoi de mieux qu’un beau pic de pollution pendant la campagne des municipales pour que les candidats s’énervent? C’est exactement ce qui se produit à Paris. Les échauffourées ont commencé au début de la semaine. Dès lundi 10 mars, l’association écologie sans frontières fait savoir qu’elle déposera plainte contre X le lendemain, pour mise en danger d’autrui, délit puni d'un an d'emprisonnement et de 15.000 euros d'amende.

16 pages de plainte

Longue de 16 pages, la plainte rappelle que la pollution atmosphérique est à l’origine d’un excès de mortalité, que les valeurs-limites d’exposition aux polluants sont régulièrement dépassées à Paris et que les sources des pollutions sont connues (véhicules diesel, chauffage, transport aérien, industrie). Conclusion: alors que les protagonistes de ce délit sont connus, les autorités n’ont rien fait pour protéger les populations.

Le tempo de l’ONG est parfait. Comme le rappelle Airparif, l’association en charge de l’évaluation de la qualité de l’air francilien, la capitale subit depuis plusieurs jours un épisode de pollution sévère. La médiatisation de l’affaire est certaine.

Le feu est ouvert par la mairie de Paris. Sitôt la plainte déposée au tribunal de grande instance, Bertrand Delanoë se fend d’un communiqué. En 4 paragraphes, le maire de Paris défend son bilan aérien: couloirs de bus en site propre, tramway, augmentation de 14% de l’offre du métro, Vélib’, Autolib’, plantation de 10.000 nouveaux arbres en 13 ans. «Cette action déterminée a porté ses fruits. La qualité de l’air s’est globalement améliorée depuis 10 ans à Paris, comme l’ont souligné plusieurs études d’Airparif», conclu le premier magistrat parisien.

Airparif contredit Delanoë

Dans sa dernière étude, l’association ne tient pas tout à fait le même discours. «A l’échelle de l’Ile-de-France, le dioxyde d'azote, les particules, le benzène et l’ozone dépassent chaque année les seuils définis par la réglementation européenne et française. Pour le dioxyde d’azote, la valeur-limite est dépassée en situation de proximité du trafic routier ainsi qu’en situation éloignée du trafic dans le cœur de l'agglomération. Les valeurs-limites journalières et annuelles pour les particules PM10 sont toujours largement dépassées en proximité du trafic routier. […].

 L'objectif de qualité est dépassé en proximité du trafic routier. Les dépassements en ozone, s’ils sont généralement plus importants en zone rurale, existent aussi au cœur de l’agglomération parisienne. […]

A Paris, les niveaux moyens de NO2 sont les plus élevés de l’Ile-de-France, et supérieurs à la moyenne de l’agglomération parisienne. Les valeurs-limites sont dépassées sur tous les sites en proximité du trafic, ainsi que sur une station de fond. Pour les PM10, les PM2.5 et le benzène, les seuils réglementaires ne sont dépassés qu’en situation de proximité du trafic. Les niveaux d’ozone, s’ils sont en moyenne plus faibles que ceux des autres départements franciliens, dépassent les objectifs de qualité, mais pas les valeurs-cibles. Ces dépassements sont généralisés à l’ensemble de la région. »

Double faute

Immédiatement, les opposants font tonner le canon. «Ce n’est pas le beau temps qui crée la pollution, déclare le candidat, mais les choix industriels désastreux qui ont été faits ces dernières décennies, et notamment le choix du diesel. On a incité les Français à acheter des voitures qui les empoisonnent et maintenant on ne leur propose aucune solution. C’est une double faute», martèle Christophe Najdovski, candidat EELV.

Nathalie Kosciusko-Morizet n’est pas en reste. «Je déplore l’inaction de l’équipe sortante, qui fait mine de s’étonner de la situation actuelle alors qu’elle a laissé se dégrader la qualité de l’air, qu’elle a refusé de manière incompréhensible de mettre en œuvre les dispositifs créés par l’Etat comme la Zapa, ou qu’elle a laissé se développer le diesel dans la flotte de véhicules de la ville», commente la députée de l’Essonne.

Dans un communiqué, Anne Hidalgo cogne tout à la fois sur les écologistes et les conservateurs. Aux premiers, la maire adjointe PS de Paris reproche d’avoir voté «l’achat de nouveaux bus diesel par la RATP», contrairement aux élus PS. Aux seconds, il est fait grief d’avoir intégré les véhicules diesel sobres dans le dispositif de bonus-malus, ce qui «a fortement incité l’achat de véhicules diesel et donné un signal négatif aux industriels et constructeurs qui n’ont pas engagé la transition nécessaire vers d’autres motorisations».

A Paris, le débat ne vole pas haut, contrairement à la pollution.

 



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