A Lyon, le contrat du Rhônexpress résilié sur fond d’élection

Le 26 février 2020 par Victor Miget
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RhônExpress
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Vendredi 21 février, les élus du Sytral ont suivi la proposition du président de la métropole de Lyon et ont voté la résiliation du contrat entre Rhônexpress, le Sytral et la métropole «pour motifs d'intérêt général». Le tout, sur fond de querelle politique.

 

C’est fait. Après 8 mois de négociation, le Sytral a suivi l’avis de l’actuel président de la métropole de Lyon, David Kimelfeld. Il a finalement voté la résiliation de la concession Rhônexpress passé avec l’opérateur Vinci, «pour motifs d'intérêt général». Et pour cause, à 16,30 euros le trajet, cette navette rapide reliant le centre de Lyon et l'aéroport de Saint-Exupéry était considérée comme trop chère pour les usagers.

Ce qui va changer

Passé un préavis de 8 mois, l’exploitation du service reviendra au Sytral. Il retrouvera une certaine marge de manœuvre dans l’organisation du service, du temps de parcours etc. Cette résiliation, c’est aussi la promesse d’une liberté tarifaire. La métropole a promis un billet autour de 10 euros. Dans le même temps, pourront être crées et exploitées d’autres lignes de desserte de la plateforme aéroportuaire. Déjà, une offre de bus est envisagée. Elle effectuerait le même trajet que le Rhônexpress pour moins de 10 euros.

Mais le Sytral va devoir passer à la caisse. Le contrat courant initialement jusqu’en 2038, le syndicat devra s’acquitter d’une grosse indemnité de résiliation. En l’occurrence un chèque de 32 millions d’euros à verser à Vinci. Le Sytral s’inquiétait dans un communiqué de devoir éventuellement rembourser des mensualités d’emprunt estimées à 120 millions d’euros pour les 19 années restantes.

Querelle politique

Ce dernier point n’a pas manqué de faire réagir deux candidats à l’élection métropolitaine de Lyon. En l’occurrence, Gérard Collomb qui a obtenu l’investiture de La République en Marche, et le dissident David Kimelfeld, actuel président et candidat à sa réélection.

Les invectives n’ont pas manqué de pleuvoir des deux côtés. Pour le maire de Lyon Gérard Collomb, partisan d’une médiation, «le président de la Métropole fait peser un risque grave sur ce syndicat mixte qui devra assumer le versement d'une indemnité de 32 M€ et peut-être même de 120 M€».

La réponse de David Kimelfeld ne s’est pas fait attendre. «Gérard Collomb ment lorsqu’il dit que cette décision fait peser un risque financier grave pour le Sytral. Il oublie de dire ce que nos conseils juridiques et financiers ont écrit dans leur rapport: la résiliation rapportera au Sytral 80 millions d’euros dans les 18 prochaines années, ce qui permettra de financer l’indemnité de 32 millions d’euros». Il poursuit: «après 8 mois de négociation, il faut savoir décider vite. C’est ma façon d’agir pour défendre l’intérêt des habitants de la Métropole. S’abstenir, c’est refuser de se positionner».

Cette dernière phrase qui sonne presque comme un slogan pour celui qui s’offre une petite victoire politique à trois semaines du scrutin. A ce titre, l’opposition a plaidé pour un report du vote à une date ultérieure aux élections municipales et métropolitaines. Sans succès. Un autre candidat, François-Noël Buffet (LR) s’est quant à lui faussement étonné «que cette délibération arrive seulement trois semaines avant le premier tour des élections (métropolitaine ndlr). Personne n’est dupe. Tout le monde comprend qu’il s’agit d’une opération politique ».