A Londres aussi, le coût du nucléaire fait débat

Le 14 février 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Au Royaume-Uni, le site nucléaire de Sellafield est un peu maudit. Anciennement baptisé Windscale, ce site regroupe 3 usines de traitement de combustible, 7 réacteurs (à l’arrêt), une usine de fabrication de MOX, la branche démantèlement de BNFL, 7 installations d’entreposage de déchets radioactifs, une centrale à gaz et des installations militaires.

Situé au nord-ouest de l’Angleterre, au bord de la mer d’Irlande, Sellafield a aussi été le théâtre d’une vingtaine d’accidents et d’incidents, dont les plus connus sont l’incendie d’une pile, en 1957, et les fuites de déchets liquides radioactifs de l’installation Thorp, en 2005.

En 2009, la Nuclear Decommissioning Authority (NDA, l’autorité en charge du démantèlement des installations nucléaires britanniques), l’exploitant du site de Cumbrie, a lancé la construction d’une nouvelle installation. Baptisé Evaporator D, ce bunker de 23.000 tonnes de béton doit abriter les évaporateurs qui vont considérablement réduire (d’un facteur 40 à 100) les volumes de déchets radioactifs liquides produits par les usines de traitement de combustible Magnox et l’usine Thorp.

Initialement, l’Evaporator D devait être livré en 2010 et coûter aux contribuables quelque 90 millions de livres (11,9 millions d’euros). Hélas, révèle The Independent, nous n’en sommes pas là. A l’heure actuelle, seuls les murs porteurs sont debout. Et, selon de nouvelles évaluations de la NDA, le montant de la facture finale pourrait avoisiner les 500 millions de livres (596,3 M€). Pas donné pour une station censée traiter entre 20 et 90 mètres cubes d’effluents par jour.

Ce sont les concepteurs du projet, explique le quotidien britannique, qui sont largement responsables de ce dérapage financier. Pour réduire les coûts, ces derniers ont imaginé que l’installation soit préfabriquée à Ellesmere Port, un port situé à 90 kilomètres au sud de Sellafield. Chacun des 14 modules en béton (500 tonnes chacun) devant ensuite être transporté par une barge géante. Hélas, pour amener ces éléments jusqu’au chantier, on a dû construire un débarcadère, ainsi qu’un pont provisoire de 38 mètres de long sur la rivière Ehen, et autre pont a dû être enlevé.

Des détails que les ingénieurs n’avaient pas pris en compte initialement.

Au bout du compte, seuls 3 des 14 modules géants ont été livrés à la NDA. Au mieux, l’Evaporator D pourrait être mis en service en 2014. Avec 4 ans de retard.
 



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