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A la Réunion, Victorin Lurel se moque des consultations

Le 12 novembre 2013 par Stéphanie Senet
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A gauche, l'actuelle route du littoral. A droite, le projet soutenu par l'Etat.
A gauche, l'actuelle route du littoral. A droite, le projet soutenu par l'Etat.

Le gouvernement semble bien décidé à faire avancer, coûte que coûte, la construction de la nouvelle route du littoral (NRL) à La Réunion, malgré son impact sur la biodiversité terrestre et marine, dénoncé par les associations environnementales.

 

Selon France Nature Environnement (FNE), le ministre des Outre-mer Victorin Lurel a annoncé que les autorisations de dérogation relatives à la faune et la flore sauvages seraient délivrées, malgré l’avis contraires des instances consultatives et alors que la consultation du public n’est pas encore terminée. Celle-ci court en effet jusqu’au 30 novembre sur le site du ministère de l’écologie.

Ce projet vise à relier Saint-Denis à l’ouest de l’île par une nouvelle route de 2x3 voies, nécessitant la construction de deux digues et de viaducs en mer, dont l’impact sur la biodiversité marine et terrestre sera meurtrier, selon FNE.

Le préfet de l’île, Jean-Luc Marx, fervent défenseur du projet, a confirmé que plusieurs actes administratifs avaient été pris pour faire avancer les travaux, dont la demande officielle de dérogation au titre des espèces protégées en date du 30 octobre.

 

Vinci récupère la plupart des marchés

Selon la région, la construction de l’échangeur (représentant une digue de 400 mètres et trois ponts) a été confiée au groupement GTOI (Grands travaux de l’océan Indien)-Vinci-SBTPC (filiale de Vinci). Les travaux du viaduc de 5.400 m reviennent également à Vinci (avec Bouygues Travaux publics), tout comme les 4 premiers tronçons de la digue sur une longueur de 3.600 m (avec GTOI et sa filiale SBTPC). Le marché du dernier viaduc de 240 m a notamment été attribué à Eiffage.

Cette nouvelle route du littoral représente un projet pharaonique. Le coût des travaux est estimé à plus d’1,2 milliard d’euros selon l’Association des régions de France (ARF), soit près de 100 millions du kilomètre.

 

Avis défavorables des instances consultatives

Des avis défavorables ont été émis par le Conseil national de protection de la nature (CNPN) en juin dernier, le Conseil scientifique régional du patrimoine naturel de La Réunion, le Conservatoire botanique national de Mascarin et les services de la Direction de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Deal).

Le CNPN estime notamment que la demande de dérogation ne respecte par le critère réglementaire d’absence de solution alternative plus satisfaisante, et que les impacts de l’extraction de matériaux nécessaires au remblai des digues ne sont pas suffisamment évalués.

Pour FNE et la SREPEN/RNE (Réunion Nature Environnement), seule une réalisation du projet totalement en viaduc est acceptable. «On ne peut que déplorer le fait que le gouvernement ne puisse tenir tête aux pressions qui poussent à passer outre les avis des instances consultatives», regrette Michel Dubromel, responsable du réseau Transport et mobilité durables à FNE. L’association examine d’ailleurs plusieurs options juridiques pour attaquer le projet dans sa version actuelle.



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