A la rencontre des sardiniers bretons

Le 05 juillet 2012
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Certification MSC, mode d'emploi
Certification MSC, mode d'emploi

Dans le Finistère Sud, la flotte de navires d’une association de pêcheurs de sardines a obtenu en 2010 la certification MSC (Marine Stewardship Council), garante d’une pêche durable et bien gérée. Nous avons passé une nuit en compagnie de ces marins bretons, les «bolincheurs» comme on les appelle là-bas. Embarquement.

Mardi 26 juin 2012, 21h30. A Saint-Guénolé, une commune voisine du Guilvinec, premier port de pêche artisanale et fraîche en France, le capitaine et les 7 marins de l’Etendard, l’un des 27 bateaux de pêche à la sardine du coin, préparent le départ. Ce qui frappe, c’est le jeune âge des marins. Le plus vieux a moins de 40 ans, tandis que les autres dépassent à peine la vingtaine. Seul le capitaine semble un peu plus âgé. Mais tous ont l’habitude du métier: ils ont pour la plupart commencé à 16 ans!

De mai à octobre, période où les sardines sont particulièrement abondantes, les bolincheurs travaillent de 21 ou 22 heures à 8 heures du matin. L’horaire exact de départ doit être déclaré auprès des Affaires maritimes par le capitaine, le matin même.

La pêche à la senne

Une dizaine de minutes après notre départ, des dauphins nagent autour du bateau. Les pêcheurs ne se réjouissent pas vraiment du spectacle car ces mammifères marins éloignent les sardines. Mais il faut comprendre ces hommes: leur salaire dépend de la quantité de poissons pêchés au cours de la nuit. Ils ne gagnent donc presque rien l’hiver, période où les sardines se font rares.

La nuit durant, le patron pêcheur traque les bancs de sardines grâce à son sonar. Sur l’écran de contrôle, la moindre tâche rouge aux alentours du bateau sonne l’alerte. Tous les marins, qu’ils aient été endormis, en train de boire du café, de lire ou de jouer à des jeux vidéo, accourent sur le pont. Chacun sait avec précision à quelle place se situer pour mettre à l’eau un filet de pêche tournant, qui peut atteindre une dizaine de mètres, et permet de capturer le banc de poissons grâce à sa base en forme de «poche».

Des sardines durables

Cette technique, la pêche à la senne tournante, est couramment utilisée pour pêcher les sardines à faible profondeur (50 mètres au maximum). Elle a un impact environnemental modéré car elle permet d’encercler uniquement le banc de poisson à pêcher, même s’il arrive parfois que certaines espèces non désirées (dites prises accessoires) soient capturées en même temps que les sardines. En outre, les pêcheurs bretons capturent des individus mesurant entre 14 et 23 centimètres, une taille qui garantit la maturité sexuelle du poisson (les mesures de régulation au niveau européen fixent une taille minimale de 11 cm). Enfin, les bolincheurs ramènent environ 20.000 tonnes de sardines par an de la zone de pêche VIIIa Sud Bretagne, soit à peine 3 à 4% de la ressource mondiale estimée par les scientifiques. Au niveau mondial, les différents stocks de sardine sont, selon les données scientifiques disponibles, exploités à des niveaux ne présentant pas de danger pour la ressource. Cela explique également pourquoi la pêche n’est pas soumise à des quotas en Europe.

Ces bons points ont permis à l’Association des bolincheurs de Bretagne de soumettre leur candidature à la certification MSC. Cette étape importante a été franchie en 2010. L’association a été la seconde pêcherie française à obtenir ce label, qui suit les directives pour l’étiquetage écologique de la FAO[1]. «La pêcherie de sardine de bolinche de Bretagne a fait l’objet d’une évaluation indépendante scientifique. Bureau Veritas Certification, ainsi qu’une équipe de 4 experts scientifiques indépendants, ont évalué la pêcherie au regard des trois principes fondamentaux du référentiel MSC: la pérennité des stocks ciblés, la préservation de l’écosystème et l’efficacité du système de gestion de la pêcherie», a expliqué l’organisation internationale MSC dans un communiqué de presse.

Pour les bolincheurs, la certification n’a rien changé à leurs pratiques de pêche. «Aucune pêcherie certifiée MSC n’a de problème. Il s’agit de mettre un label sur ce qui est déjà propre et durable», explique Thierry Guigue, ingénieur halieutique au sein de l’organisation de producteurs Les Pêcheurs de Bretagne. Pour l’heure, la certification MSC assure aux bolincheurs bretons de vendre leur pêche du jour sans passer par la criée du Guilvinec ou de Saint-Guénolé, et ce, avant même le retour au port. Le tout pour environ 50 centimes le kilo. Une véritable opportunité dans un contexte de travail rendu financièrement difficile par l’augmentation des prix du carburant.

http://www.msc.org/

Eudoxie Jantet

 



[1] FAO: Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture

 



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