A la recherche des causes de la fuite de mercaptan

Le 23 janvier 2013 par Stéphanie Senet
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Deux jours plus tard, la fuite n'est toujours pas neutralisée
Deux jours plus tard, la fuite n'est toujours pas neutralisée

La fuite du mercaptan, ce gaz qui s’échappe de l’usine rouennaise de Lubrizol depuis le 22 janvier (voir JDLE d’hier), serait en passe d’être contenue, indique le ministère de l’écologie. Interrogée cet après-midi à l’Assemblée nationale, Delphine Batho a déclaré que 10,4 tonnes de substances ont été neutralisées, soit environ un tiers de la masse totale (36 tonnes). Les opérations de neutralisation du gaz ont démarré ce 23 janvier, peu avant 1h du matin. Elles consistent à verser un mélange d’eau, de soude et d’eau de javel afin de détruire la molécule malodorante.  

Mais depuis le début de la fuite, les informations communiquées par les autorités ont été au mieux floues, au pire, contradictoires. Pour le ministère de l’écologie, l’exposition au mercaptan n’est toxique qu’à une concentration 20.000 fois supérieure à celle observée dans l'usine (80 ppm dans l'air au début de l'incident), ce qui donne 1,6 M ppm. Pourtant, Pascal Serre, ingénieur chimiste à l’INRS, précise que la valeur-limite de l’exposition professionnelle est de 5 ppm seulement (1), soit 16 fois moins que la concentration relevée dans l’usine Lubrizol le 21 janvier. Ce matin, cette valeur atteignait encore 20 ppm.

A l’heure où nous mettons en ligne, les valeurs sont inférieures aux seuils de détection. Les 270 salariés des cinq entreprises avoisinantes ont repris le travail, a précisé le préfet de Seine-Maritime, Pierre-Henry Maccioni. La circulation routière et piétonne a également été rétablie aux abords de l’usine.

Le mercaptan, dont le nom scientifique est méthanethiol ou methylmercaptan (CH3-SH), entre dans la composition de produits phytosanitaires et d’anti-oxydants. A forte concentration, il est toxique et dangereux pour l’environnement, selon la fiche toxicologique publiée par l’INRS. Il s’avère par ailleurs hautement inflammable.

Une enquête administrative a été ouverte car «l’émanation du gaz est sans doute liée à une négligence ou une faute», a précisé la ministre de l’écologie, sans préciser s’il s’agissait d’une erreur humaine ou d’un problème technologique. Une enquête judiciaire a également été ouverte à la gendarmerie de Rouen pour «mise en danger de la vie d’autrui».

Celle-ci sera épaulée par l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (Oclaesp). «Il s’agit de se doter d’un cadre pour voir si la cause est de nature pénale», a indiqué le parquet.

Aujourd’hui, seulement 200 plans de préventions des risques technologiques (PPRT) ont été approuvés dans l’Hexagone, qui compte pourtant 421 sites Seveso. «Nous avions proposé dans la loi de finances des mesures pour financer les travaux d’aménagement des habitations à proximité. Comme elles ont été censurées par le Conseil constitutionnel, nous les proposerons de nouveau», s’est justifiée la ministre de l’écologie Delphine Batho.

(1) en moyenne pondérée sur 8 h



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