A l’école, une rentrée toxique

Le 26 août 2016 par Romain Loury
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Fini les crèmes solaires aux nano...
Fini les crèmes solaires aux nano...

C’est reparti pour la rentrée! L’occasion pour l’UFC-Que Choisir de publier une enquête sur les fournitures scolaires, nombreuses à contenir perturbateurs endocriniens, agents cancérigènes ou allergènes. Et ce en l’absence de toute réglementation de composition ou d’étiquetage.

Pour l’association, choisir crayons, feutres et colles pour ses enfants relèverait de la «roulette russe». Et peut-être même plus : car loin d’avoir cinq chances sur six de s’en tirer, seuls 19 des 52 produits testés par l’UFC-Que Choisir ne présentaient aucun composé nocif pour la santé, ou seulement à dose infinitésimale.

Des allergènes, dont la MIT

Pour le reste, perturbateurs endocriniens, agents cancérigènes et allergènes sont monnaie courante, si bien que certains sont même «vivement déconseillés». En particulier les colles à paillettes, entre la fourniture scolaire et le jouet: les quatre produits utilisés contenaient tous des isothiazolinones, dont la fameuse MIT, conservateur qui serait à l’origine d’une épidémie d’allergie dans la population.

Les isothiazolinones sont aussi présentes dans les cartouches d’encre, parfois à niveau très élevé. Exemple dans les encres bleues Waterman et Paper Mate, qui atteignent les 70 parties par million (ppm), alors que la réglementation européenne prévoit un seuil à 0,25 ppm sur les jouets. Toujours du côté des allergies, l’UFC-Que Choisir préconise d’éviter feutres et stylos parfumés, en raison de la nocivité des fragrances utilisées.

Ne me dessine pas un mouton

A priori plus anodins, les crayons à papier avec embout gomme ne sont pas épargnés: sur les huit testés, cinq contiennent des phtalates, cancérigènes et perturbateurs endocriniens. Parmi ces agents, certains sont interdits dans tous les jouets, notamment ceux pouvant être portés à la bouche par de jeunes enfants.

Tout aussi mâchouillés par les écoliers, les crayons de couleur sont encore plus imprégnés de phtalates, avec un seul produit qui en est exempt sur les huit produits testés.

«L’énorme problème, c’est que les fournitures scolaires ne relèvent d’aucune réglementation précise, pas plus d’une directive européenne que d’un texte national. Contrairement à une multitude de produits, ces objets conçus pour les enfants n’ont même pas l’obligation de porter le marquage CE», observe l’UFC-Que Choisir.

Le «degré minimal de la réglementation»

Maigre garde-fou, elles doivent respecter l’obligation générale de sécurité, le «degré minimal de la réglementation». Et si l’on trouve parfois un marquage CE, c’est que le fabricant a décidé de répertorier ce produit en tant que jouet, lui imposant une réglementation plus stricte, tandis que ses concurrents se contentent de l’obligation générale de sécurité.

Effet pervers de cette «cacophonie réglementaire», certains produits portent, vertueusement, des symboles ou des avertissements de danger tels que «susceptible de provoquer le cancer». Faible argument publicitaire, qui pousse les parents à se tourner d’autres produits, parfois plus nocifs.

L’association, «une réglementation unifiée s’impose, les écoliers et leurs parents ont le droit d’être informés des risques que présentent des produits utilisés tout au long de l’année».



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