A Fukushima, la situation se dégrade

Le 21 août 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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300 tonnes d'eau hautement contaminée se sont échappées d'un des 26 réservoirs géants.
300 tonnes d'eau hautement contaminée se sont échappées d'un des 26 réservoirs géants.
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L’exploitant de la centrale accidentée, Tepco, a confirmé la découverte d’une nouvelle fuite d’eau très radioactive.

La toute nouvelle autorité de sûreté nucléaire japonaise (NRA) commence à donner de la voix. En début de semaine, une équipe de Tepco (l’exploitant de la centrale nucléaire de Fukushima Dai-Ichi) avait découvert une importante fuite d’eau, au pied de l’un des 26 réservoirs géants stockant l’eau contaminée, issue du refroidissement des trois réacteurs accidentés.

Bâties dans les mois qui ont suivi la catastrophe du 11 mars 2011, ces citernes, de 12 mètres de diamètre et 11 m de hauteur, sont dimensionnées pour stocker 1.000 tonnes d’eau radioactive, en attente de décontamination. Lundi 19 août, les techniciens de Tepco ont annoncé la découverte d’une importante flaque au pied de l’un de ces réservoirs. Au bas mot, 300 t s’étaient échappées. Ce n’est certes pas la première fois qu’un tel incident se produit.

Le 5 avril, l’électricien tokyoïte avait déjà annoncé la fuite de 120 t d’eau, contaminées au strontium 90. Le lendemain, c’était au tour d’une cuve enterrée de perdre ses eaux. Après la découverte de cette troisième vague de fuite, la NRA avait imaginé classer l’incident au niveau 1 de l’échelle Ines, qui en compte 8. Mais il lui a fallu réviser son jugement initial. L’eau découverte le 19 août est fortement contaminée au césium 137 et au strontium et une bonne partie s’est déjà infiltrée dans le sol, menaçant d’aggraver la pollution radiologique du Pacifique, situé à quelques encablures.

A 50 cm au-dessus des flaques, l’activité mesurée est d'environ 100 millisieverts par heure. En une heure, une personne recevrait ainsi la dose maximale autorisée pour 5 ans pour les travailleurs du secteur nucléaire japonais. Autre facteur aggravant: la fuite a duré un mois avant d’être découverte, a reconnu Tepco. Le contrôle des installations de Fukushima est donc, une fois encore, mis en défaut. En conséquence, la NRA devrait finalement classer l’incident au niveau 3 de l’échelle Ines. Autrement dit, ce qui n’était considéré lundi que comme une «anomalie» est aujourd’hui promu au rang d’«incident grave».

En 2012, l’autorité de sûreté française (l’ASN) a recensé 1.090 anomalies pour l’ensemble du parc nucléaire français, mais pas d’incidents graves, lesquels sont rarissimes: les irradiés de Forbach (1991) et l’irradiation d’un technicien par une source au cobalt, en 2008.



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