A Fos-sur-Mer, les arbres ont la mémoire de la pollution

Le 06 mars 2019 par Romain Loury
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Le port de Fos-sur-Mer
Le port de Fos-sur-Mer
Port de Marseille-Fos

Que ce soit par leurs feuilles ou par leurs racines, les arbres absorbent certains polluants, en particulier les éléments métalliques d’origine industrielle. Il est ainsi possible de retracer l’historique des émissions par une analyse chimique de leurs cernes, révèle une étude menée à Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône).

Chaque année, les arbres prennent un nouveau cerne. Cette propriété, notamment utilisée pour étudier les climats passés (par mesure de la largeur des cernes), pourrait aussi être appliquée dans l’analyse des émissions industrielles, confirme une étude publiée dans la revue Chemosphere.

Annabelle Austruy, de l’Institut écocitoyen pour la connaissance des pollutions (Fos-sur-Mer), et ses collègues[i] ont étudié des peupliers et des pins de la zone de Fos-sur-Mer, l’un des principaux sites industriels de France –et l’un des plus pollués. Pour cela, ils ont analysé des carottes prélevées sur des arbres situés en zone rurale (à 20 km du site), dans la ville de Fos-sur-Mer et sur le site industriel lui-même.

Raffinerie et sidérurgie

Sur le peuplier, les résultats confirment une nette évolution des émissions. Entre 1975 et 1990, les arbres situés en zone industrielle sont principalement imprégnés de zinc, cadmium et mercure (éléments typiques des raffineries de pétrole), puis leurs teneurs diminuent à partir de 2000, après la mise en place de mesures de contrôle. Les teneurs en arsenic, en chrome, en nickel, en vanadium, en aluminium et en fer, liées à la métallurgie et la sidérurgie, prennent alors le relais.

Selon le Centre national de la recherche scientifique (CNRS), «cette étude a permis de fournir des informations sur l’évolution des émissions industrielles, routières et même urbaines de ce territoire qui abrite l’un des plus grands ports industriels de France et d’Europe du Sud. Elle a, de plus, mis en lumière la pertinence des méthodes dendrochimiques pour évaluer l’exposition à la pollution atmosphérique dans le temps».



[i] L’étude associe aussi le Laboratoire Chrono-Environnement (CNRS-Université Bourgogne-Franche-Comté) et le Centre européen de recherche et d'enseignement en géosciences de l'environnement (université Aix-Marseille, CNRS, IRD, Inra, Collège de France).

 



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