A Davos, les libéraux appellent à une meilleure régulation énergétique

Le 21 janvier 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg
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L'Allemagne a plus misé sur l'énergie solaire que l'Espagne.
L'Allemagne a plus misé sur l'énergie solaire que l'Espagne.
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Le forum économique mondial appelle les gouvernements à améliorer leur stratégie énergétique et à donner un prix au carbone.

Il ne sera pas dit qu’on occultera les sujets importants pendant le forum économique mondial, qui s’ouvre ce mercredi 21 janvier à Davos. L’équipe de Will Steffen présentera ainsi les résultats de son étude sur notre entrée dans l’anthropocène, une ère géologique caractérisée par les effets majeurs des activités humaines sur l’écosystème terre.

1.700 avions privés

Nombre d’entrepreneurs et de scientifiques débattront aussi des changements climatiques et des moyens de se prémunir de leurs conséquences. L’occasion, peut-être, d’appeler à une réduction de la croissance annoncée du transport aérien: 1.700 jets privés vont apporter leur cargaison d’entrepreneurs, de chefs d’Etats et de célébrités dans la cité suisse des Grisons, soit 5% de plus que l’an passé.

Les organisateurs du raout mondial orienteront aussi une partie des discussions sur la transition énergétique. En guise d’amuse-bouche: l’effondrement des prix du pétrole, mais surtout un rapport sur le futur du secteur de l’électricité.

Rédigé par le consultant Bain & Co, le document rappelle que la décarbonation du premier émetteur mondial de CO2 est, doucement mais sûrement, en marche. Les 34 pays de l’OCDE ont ainsi consacré 3.000 milliards de dollars (2.600 milliards d’euros) au développement et à l’amélioration de leur système électrique entre 2000 et 2013. Avec une efficacité relative. La forte croissance des énergies renouvelables a permis aux compagnies électriques de réduire de 1% par an leur intensité carbone et d’accroître de 4% leur taux d’indépendance énergétique, soulignent les auteurs. Positif, mais très insuffisant.

Loin du compte

Pour stabiliser le réchauffement aux environs de 2°C d’ici la fin du siècle, les pays les plus industrialisés doivent décarboner leur système énergétique avant 2050. Ce qui suppose, peu ou prou, d’en réduire de 3% par an l’intensité carbone, comme le préconise la loi Pope de 2005. On est encore loin du compte.

Une remarque qui s’applique aussi à l’économique. Les gros investissements dans les énergies vertes, l’efficacité énergétique et les infrastructures de transport et de distribution ont, évidemment, fait bondir les coûts de production et les prix de vente. En moyenne, ces derniers ont progressé de 2,8% par an pour les ménages des pays de l’OCDE et de 5,3% pour les entreprises. Entre 2008 et 2013, le montant des subventions octroyées aux énergies renouvelables, au sein de l’Union européenne, a progressé de 20% par an, en moyenne. Des investissements qui n’ont pas toujours été optimisés.

Un potentiel mal utilisé

Par un curieux paradoxe, les pays les plus ensoleillés ont davantage installé d’éoliennes que les pays dotés d’un solide régime des vents. Ces derniers ont, en revanche, fortement investi dans le photovoltaïque. Bien que Madrid bénéficie d’un ensoleillement 65% plus important que Berlin, l’Allemagne a installé 6 fois plus de panneaux photovoltaïques (33 gigawatts crête) que l’Espagne. Bénéficiant de moins de vent que la mer du Nord allemande, l’Espagne a pourtant déployé 23 GW d’aérogénérateurs. «Ce déploiement non optimal coûte à l’Union européenne 100 Md$ (86 Md€) de plus que si chaque pays avait exploité au mieux ses gisements d’énergies renouvelables», estiment les consultants. Le renforcement du maillage du réseau de transport d’électricité européen aurait pu générer 40 autres milliards d’économie (34,4 Md€).

modernisation à poursuivre

Or la modernisation du secteur est loin d’être achevée. La réduction de l’utilisation des énergies fossiles (gaz, charbon) et l’accroissement de la part des énergies décarbonées dans le bouquet énergétique des pays de l’OCDE nécessite 280 Md$ (240,7 Md€) d’investissements annuels jusqu’en 2040, avancent les auteurs. Ce qui devrait faire bondir de 57% les prix de vente de l’électricité en Europe, et de 50% aux Etats-Unis.

Une meilleure régulation

Pour éviter toute explosion des coûts, le rapport préconise une meilleure régulation. Pour éviter, par exemple, les surcapacités de production que l’on observe dans certains pays ou les sous-capacités que l’on voit au Royaume-Uni ou en Belgique. Ces 6 dernières années, l’Europe a mis en service 130 GW de capacités de production classiques, 78 GW de capacités renouvelables, pour ne retirer du service que 44 GW de centrales thermiques. Pour réduire l’inflation du montant des subventions aux renouvelables, lesquelles devraient passer de 100 Md$ par an (86 Md€) en Europe, au Japon et aux Etats-Unis, à 136 Md$ (117 Md€) en 2025.

Outre ce meilleur encadrement, les experts de Blain & Co préconisent, eux aussi, de donner un prix aux émissions de carbone. Suffisamment élevé pour inciter un nombre croissant d’investisseurs à financer la transition énergétique. A cet égard, le rapport souligne que plus de 80% des nouveaux parcs renouvelables allemands ont été financés par des structures totalement extérieures au monde de l’énergie.

 



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