A Belgrade, les fleurs attaquent la forteresse

Le 13 décembre 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Depuis une vingtaine d’années, les murs d’enceinte de la forteresse de Belgrade noircissent. On a longtemps considéré que le chauffage au charbon et les gaz d’échappement des véhicules étaient responsables de la dégradation de ce haut lieu du tourisme de la capitale serbe. Erreur.
 
Selon une étude menée par des chercheurs serbes, en collaboration avec le Laboratoire de dynamique, interactions et réactivité du CNRS (Ladir) et l'Institut des routes de Serbie,, les murs de pierre ne sont pas seulement la proie des effluents gazeux mais aussi des… fleurs.
 
Les chercheurs ont analysé les croûtes noires formées sur la Porte royale de la forteresse. Objectif: déterminer le processus de dégradation, pour pouvoir proposer aux autorités les solutions de conservation les plus appropriées.
Différents prélèvements de la pierre calcaire et des mortiers à chaux ont été étudiés par porométrie, diffractométrie de rayons X, spectroscopie infrarouge et Raman, microscopie électronique et analyse élémentaire.
 
Au-delà d'une certaine concentration de dioxyde de soufre (SO2) dans un air humide, des pluies ou des brouillards acides peuvent se former, conduisant à la formation de sulfates calciques et de carbonates noirs qui donnent un aspect peu esthétique aux façades.
 
De manière surprenante, les chercheurs ont mis en évidence d'importantes quantités de syngénite, un sulfate double de potassium et de calcium. Ce produit de corrosion se forme habituellement sur les vitraux potassiques du Moyen-Age et les constructions en granite ou utilisant un mortier contenant du potassium. Jamais encore il n'avait été observé sur des pierres en calcaire très pur. D'où peut-il bien provenir?
 
Après différentes analyses, les chercheurs ont révélé une concentration anormale en potassium dans le sol, à proximité des murs des remparts, Or ces derniers comportent des zones ornées de platebandes fleuries où, afin de favoriser la floraison, les jardiniers apportent un fertilisant riche en potassium.
 
Une simulation de l'action d'une eau acidifiée et chargée en potassium sur des morceaux de calcaire a confirmé qu'il se formait bien de la syngénite, comme observé sur la Porte royale. Pour conjuguer décoration florale et conservation du patrimoine monumental, il faudra donc parfaitement maîtriser les apports en potassium.


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