96% des cours d'eau français contiennent des pesticides

Le 18 août 2006 par Claire Avignon
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Bretagne
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L'Institut français de l'environnement (Ifen) vient de publier les données de 2003 et 2004 sur la présence des pesticides dans les eaux françaises.

49% des échantillons représentant les cours d'eau français en 2004 ont une qualité moyenne à médiocre. Et 10% ont «des teneurs en pesticides qui peuvent affecter de manière importante les équilibres écologiques ou sont impropres à l'approvisionnement en eau potable», selon le rapport de l'Ifen. Les molécules à l'origine des pollutions les plus graves sont une dizaine dont l'ampa, le diuron, le glyphosate, et l'isoproturon. Elles polluent principalement les zones anthropisées par l'agriculture et l'urbanisation.

Côté eaux souterraines, le bilan apparaît tout autant morose: 27% des analyses ont en 2004 une qualité médiocre ou mauvaise qui nécessiterait «un traitement spécifique d'élimination des pesticides s'ils étaient utilisés pour produire de l'eau potable.» Et 4% des échantillons «ont des teneurs supérieures aux normes réglementaires et nécessiteraient une autorisation exceptionnelle du ministère chargé de la santé s'ils étaient utilisés pour produire de l'eau potable.» En cause, le glyphosate, l'atrazine et le chlortoluron.

Au total, les pesticides sont présents dans 96% des «points de mesure retenus pour la connaissance générale de la qualité des eaux superficielles» et dans 61% de ceux concernant les eaux souterraines.

Par rapport à 2005, le nombre de substances quantifiées a augmenté: en eaux superficielles, 229 substances différentes l'ont été au moins une fois en 2004 contre 201 en 2002. Dans le cas des eaux souterraines, 166 substances différentes ont été quantifiées au moins une fois en 2004 contre 123 en 2002. Cependant, avertit l'Ifen dans son rapport, «en l'absence de statistiques plus poussées, on ne peut pas en conclure qu'il y ait plus de molécules différentes dans les eaux en 2004 qu'en 2002.»

Mais les auteurs du rapport ne désespèrent pas d'améliorer le dispositif de données des pesticides, grâce notamment à la mise en place du système d'information sur l'eau et des contrôles de surveillance et opérationnels pour la directive-cadre de 2004. Ainsi, pour le moment, 3 des 10 substances prioritaires de la réglementation européenne ne sont pas encore suffisamment recherchées dans les eaux superficielles (chlorfenvinphos, chlorpyriphos-éthyl et endosulfan alpha). Le taux monte à 4 sur 10 pour les eaux souterraines (chlorfenvinphos, chlorpyriphos-éthyl, trifluraline et endosulfan alpha).

Autre avancée attendue: la création de l'Observatoire des résidus de pesticides (ORP). Coordonné par l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (Afsset), il doit permettre de rassembler et valoriser les informations sur la présence des pesticides dans l'environnement afin de caractériser l'exposition de la population et des écosystèmes.

Toutes ces promesses ne semblent pas convaincre les associations environnementales. Selon François Veillerette, président du Mouvement pour le droit et le respect des générations futures (MDRGF), «ces résultats catastrophiques montrent bien que les politiques mises en oeuvre jusqu'à présent sont totalement inefficaces pour protéger l'environnement et nos ressources en eaux.»




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