-91 % de CO2, c’est possible

Le 28 janvier 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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A l’heure où les politiques de lutte contre le changement climatique marquent un peu le pas, les Verts européens proposent à l’Europe une voie nouvelle pour alléger son empreinte carbone.

 

Le 26 janvier, ils ont publié une étude sur un possible avenir énergétique européen soutenable.

Commandé au fameux Öko Institute, le « Scénario Vision 2050 » estime que les 27 ont la capacité technique d’abattre de 91 % leurs rejets de gaz à effet de serre entre 1990 et 2050. Le facteur 4, cher aux Français, serait alors largement dépassé.

 

Pour atteindre un tel objectif, les chercheurs de Fribourg ont construit un scénario énergétique qui se distingue grandement de celui sur lequel se base l’exécutif communautaire. Ce dernier entend réduire les émissions de GES de 20 % (par rapport à 1990) d’ici 2020, de 25 % d’ici 2030 et de 38 % d’ici 2050.

Pour ce faire, les énergies renouvelables représentent 13 % de l'approvisionnement en énergie primaire en 2020, 16 % en 2030 et 24 % en 2050. La part de la production d'électricité à partir d'énergies renouvelables dans la production totale d'électricité représente 24 % en 2020, 29 % en 2030 et 46 % en 2050. Le niveau de production d'énergie nucléaire reste à des niveaux actuels pour les deux prochaines décennies et décroît à partir de 2030. Des hypothèses proches de celles développées par l’Agence internationale de l’énergie (AIE).

 

A contrario, la « Vision » de l’Öko Institute s’appuie sur trois piliers : un maximum d’énergies renouvelables, de formidables efforts en matière d’efficacité énergétique et une décarbonisation de l’industrie.

 

La part des énergies renouvelables dans l'approvisionnement total en énergie primaire devra s’élever à 20 % en 2020, près de 40 % en 2030 et environ 90 % en 2050. Pour réaliser une telle mutation, des paliers seront nécessaires. Ainsi, en 2030, les chercheurs annoncent la constitution d’un mix énergétique européen, composé de 30 % d’énergies renouvelables et de près de 60 % de gaz.

 

Cette décarbonisation du secteur énergétique — électrique notamment — est fondamentale, souligne le document. Car elle seule permettra de réduire les émissions imputables à la production et à la consommation d’énergie, mais aussi aux transports (électrification du parc oblige) et aux bâtiments (progression du chauffage électrique). Réduire les émissions des centrales électriques ne suffira pas pour réduire leurs rejets carbonés de 90 %.

 

Les prospectivistes de l’Öko Institute estiment indispensable le recours aux réseaux intelligents de distribution d’électricité (pour limiter les pointes de consommation), au stockage d’électricité (par l’eau, l’hydrogène ou les batteries) et à la capture et au stockage géologique du CO2 (CSC).

 

Deuxième pilier : l’efficacité énergétique. Parent pauvre des politiques énergétiques menées depuis trois décennies, l’efficacité énergétique doit faire un retour en force. Cela passera par un accroissement des normes thermiques des bâtiments (neufs et existants), un basculement du fret routier vers le chemin de fer et un durcissement des normes de consommation des appareils électroménagers et des véhicules à moteur thermique.

 

Enfin, la mise en œuvre de systèmes de production industriels économes, couplés dans certaines industries (sidérurgie, cimenterie) à la CSC permettra de décarboner l’industrie.

 

Outre la réduction de l’impact climatique de l’Union européenne, cette politique, soulignent les auteurs, accroitra sensiblement la sécurité de l’approvisionnement énergétique et diminuera le montant de la facture énergétique européenne.

 

« Cette trajectoire permettrait par ailleurs de limiter considérablement le transfert de richesses de l'UE aux producteurs non membres de l'UE d'huile minérale, de gaz naturel, de charbon et de combustibles nucléaires (ce qui représente environ 130 milliards d’euros par année en 2020, 260 milliards en 2030 et 455 milliards en 2050), rendant l’ensemble de l’économie européenne moins vulnérable à l’accroissement et à la volatilité des prix des nouvelles énergies et de l'énergie en général. »

 



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