8 hectares de terres agricoles pour 20 secondes de surf

Le 29 juillet 2019 par Stéphanie Senet
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Pour 20 secondes de surf à 10 minutes de l'océan
Pour 20 secondes de surf à 10 minutes de l'océan

La grogne monte contre le projet de surf park artificiel de Saint-Père-en-Retz (Loire-Atlantique), situé à 10 kilomètres de l’océan, sur 8 hectares de terres agricoles.

C’est le nouveau projet inutile porté en France. La «Bergerie surf camp» vise à offrir, dès 2022, «une vague parfaite pour un temps de surf de vingt secondes» dans un bassin de 11.000 mètres cubes d’eau «en circuit fermé». Lancé en 2014, ce projet estimé à 15 millions d’euros est soutenu par la communauté de communes, qui a même modifié son plan local d’urbanisme (PLU) pour permettre la construction du parc aquatique sur des terres autrefois classées en «espace agricole pérenne».

A 10 kilomètres de l’océan

La Bergerie accumule les points noirs. En plus de condamner huit hectares de terres agricoles, devenues rares à l’heure de l’artificialisation galopante des sols, elle est située à 10 kilomètres seulement de l’océan Atlantique et de ses vagues déferlantes. Elle doit par ailleurs consommer un kilowattheure d’énergie par vague et des millions de litres d’eau par an. Autant d’arguments qui ont poussé le collectif Terres communes à lancer une mobilisation pour le stopper. «C’est un projet absurde qui consommera beaucoup d’énergie et d’eau, dans un contexte de sécheresse et de restriction hydrique. Il participera à la destruction grandissante de notre autonomie alimentaire, de la biodiversité, du climat et de la vie sociale du territoire», a déclaré le collectif lors du deuxième rassemblement organisé le 27 juillet. L’association entend occuper les lieux jusqu’à l’abandon du projet au sein d’une « ZAP » pour «zone à protéger» ou «zone d’autonomie paysanne».

Porteur du projet, la société Nouvelle Vague se targue de réserver 4 hectares aux aménagements paysagers ou à l’éco-pâturage et de vouloir reclasser douze autres hectares en terres agricoles.

Le spectre de Notre-Dame-des-Landes

L’enquête publique s’étant terminée fin 2018, l’exploitant se rapproche à grand pas de la délivrance du permis de construire. Craignant un nouveau Notre-Dame-des-Landes, le président socialiste de la Loire-Atlantique Philippe Grosvalet en appelle à l’Etat «pour sortir par le haut de ce dossier». Après avoir émis un avis favorable, il y est aujourd’hui opposé, estimant qu’il faut une rupture avec les vieux modèles d’aménagement.



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