75% des espèces de primates en déclin

Le 18 janvier 2017 par Romain Loury
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L'orang-outan, menacé par le palmier à huile
L'orang-outan, menacé par le palmier à huile

Déforestation, agriculture, chasse, changement climatique… les 504 espèces de primates vivant à travers le monde sont en grand danger. Dans une tribune publiée jeudi 19 janvier dans la revue Science Advances, 31 primatologues tirent la sonnette d’alarme.

Ce sont les plus proches cousins d’Homo sapiens, qui pourrait bien avoir leur peau dans les prochaines décennies: les primates, dont les singes, les lémuriens et les tarsiers, sont en grand danger.

Sur les 504 espèces recensées à travers le monde, dont plus de deux tiers dans quatre pays (Brésil, Indonésie, République démocratique du Congo, Madagascar), 60% sont à risque d’extinction et 75% sont en déclin.

Dans une tribune publiée jeudi 19 décembre dans Science Advances, 31 primatologues du monde entier appellent à agir vite. Et sur tous les fronts, tant les menaces sont multiples.

Palmier à huile et caoutchouc

Première d’entre elles, l’agriculture: on connaît les ravages du palmier à huile en Indonésie et en Malaisie, or des projets pourraient voir le jour dans d’autres contrées riches en primates, dont l’Afrique et l’Amérique du Sud.

Ailleurs, c’est le caoutchouc qui menace: en Chine, il a mené le gibbon à joues pâles (Nomascus leucogenys) et le gibbon de Hainan (Nomascus hainanus) près de l’extinction. En Inde, il fragilise le loris Nycticebus bengalensis, le gibbon hoolock occidental (Hoolock hoolock) et le semnopithèque de Phayre (Trachypithecus phayrei).

Mines, bois et conflits humains

Autres dangers, la production de bois, les mines et l’extraction d’énergies fossiles: source de déforestation, de dégradation de l’habitat et de pollution, elles favorisent la consommation de viande de brousse, dont celle de singe, en Afrique. Ces activités nécessitent la construction de routes, qui fragmentent l’habitat et amoindrissent le brassage génétique des populations.

Les conflits humains sont aussi source de danger pour les primates: en RDC et au Rwanda, ils ont favorisé le braconnage des chimpanzés et des gorilles. Semées dans les années 1960 et 1970, en Afrique et en Asie, les mines antipersonnel engendrent aussi des dégâts chez les animaux.

450.000 primates vendus chaque année

Quant au trafic, la base de données de la Cites[i] fait état, pour la période 2005-14, de 450.000 primates vivants et de 110.000 tués vendus chaque année dans le monde –dont 93% originaires d’Asie. Un chiffre probablement très en-deçà de la réalité, obtenu seulement sur déclaration des Etats.

Si Homo sapiens est si nuisible à ses cousins, ceux-ci ne pourront être sauvés sans qu’on fasse quelque chose pour lui. «Tenter d’alléger la pauvreté localement, atténuer la croissance démographique, faciliter l’accès des femmes à l’éducation, seront nécessaires à la préservation des primates», juge l’un des auteurs, Paul Garber, professeur en anthropologie à l’université de l’Illinois.



[i] Convention internationale sur le commerce des espèces menacées d’extinction

 



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