70% de la surface de la planète en danger: les mers et les océans à la peine

Le 04 octobre 2013 par Marine Jobert
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Le phytoplancton, victime collatérale du changement climatique.
Le phytoplancton, victime collatérale du changement climatique.
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Plus vite, plus haut, plus fort. La devise olympienne pourrait tristement s’appliquer à la dégradation en cours dans les océans du monde. Une analyse conjointe du Programme international pour l’état de l’océan (IPSO) et de l’Union internationale pour la conservation de la Nature (UICN) met en avant les effets accumulateurs et «potentialisants» de phénomènes comme la pêche destructive, la pollution chimique et le changement climatique. «La santé de l’océan s’effondre bien plus rapidement que ce que nous pensions. Nous observons davantage de changements, qui se produisent plus rapidement, et dont les effets sont plus imminents que ce que nous avions anticipé précédemment», estime Alex Rogers de Somerville College à Oxford et superviseur du rapport pour l’IPSO dans une vidéo très sombre.

 

Hypoxie

Le changement climatique a des effets délétères sur les océans, entraînant hausse de la température des océans, acidification de l'eau en raison d'une absorption accrue de dioxyde de carbone (CO2) atmosphérique et baisse de la teneur en oxygène dans certaines régions marines. Sur ce dernier point, les chercheurs prévoient un déclin de la teneur en oxygène des océans entre 1 % et 7 % d'ici 2100. Deux phénomènes seraient à l'oeuvre: une «tendance générale de diminution des niveaux d'oxygène dans les océans tropicaux et les zones du Pacifique Nord au cours des 50 dernières années», causée par le réchauffement et, d'autre part, une «incroyable augmentation de l'hypoxie côtière (faible quantité d'oxygène)», liée cette fois aux rejets agricoles et des eaux usées.

 

Acidification

Comme l’a rappelé le 1er tome du 5ème rapport du Giec consacré à l’évolution du climat, la température s’est élevée, en moyenne, de 0,1°C par décennie, entre 1971 et 2010, sur les 75 premiers mètres de profondeur. Durant ces 40 ans, les océanographes estiment que cette couche superficielle a absorbé de 74 à 137 térawatts de chaleur atmosphérique. Cet échauffement atteint, depuis les années 1990, les grands fonds. Au-delà de 4.000 mètres, l’eau gagne 0,01°C par décennie, en moyenne, et 0,03°C dans les profondeurs de l’océan austral.

 

Le phénomène d’acidification est également très intense. En absorbant le quart du CO2 relâché par les activités anthropiques, l’océan voit son stock de carbone augmenter significativement. Depuis le milieu du XVIIIe siècle, le pH de l’eau marine est passé, en moyenne de 8,2 à 8,1. Infime en apparence, cette baisse correspond à une augmentation de 26% des ions hydrogène et donc à une acidification significative des océans. En s’appuyant sur les calculs de deux chercheurs californiens, les rédacteurs du rapport du Giec estiment qu’au rythme actuel d’émission de GES, l’acidité moyenne de l’océan pourrait être supérieure, d’ici la fin du siècle, à celle enregistrée au cours des 20 dernières millions d’années. Ce qui devrait fortement influer sur la vie marine.

 

Ces trois facteurs sont amplifiés par la pollution chimique et la surpêche, qui compromettent encore un peu plus la résilience de milieux déjà fort fragilisés.

 

 



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