Climat: une menace pour l'alimentation de 7 milliards de personnes

Le 27 novembre 2019 par Stéphanie Senet
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Menace générale sur les étals
Menace générale sur les étals

 

90% de la population mondiale risque d’être exposée à des baisses de productivité à la fois dans l’agriculture et la pêche d’ici à 2100, à cause du changement climatique, selon une étude publiée ce 27 novembre dans Science Advances. A moins d’un scénario ambitieux de réduction des émissions...

Voici l’une des rares études à prendre en compte les effets du changement climatique à la fois sur l’agriculture et la pêche. Et les perdants sur les deux tableaux sont, de très loin, les plus nombreux. Résultat: 90% de la future population mondiale (7,2 milliards de personnes) devrait subir une perte de production alimentaire dans les deux secteurs, d’ici à 2100, selon un scénario business as usual (RCP 8.5).

Ce chiffre grimpe à 97% lorsqu’on observe les pertes dans l’un ou l’autre des secteurs seulement. Dans ce cas de figure pessimiste, les gains prévus à la fois dans la pêche et l’agriculture toucheraient quant à eux moins de 3% des Terriens.

 Jusqu’à 240 pays étudiés

Pour parvenir à ces résultats, les chercheurs français du CNRS et des universités d’Hawaï, de Colombie-Britannique et de Lancaster ont comparé l’évolution de la productivité de l’agriculture (maïs, riz, soja et blé) dans 240 pays et de la pêche commerciale dans 194 Etats par rapport aux pratiques actuelles, selon deux scénarios (RCP 8.5 et RCP 2.6).

Ils ont pris en compte leur dépendance vis-à-vis de ces productions, leur degré de vulnérabilité au changement climatique ainsi que leur capacité de réaction. Ils ont laissé de côté l’aquaculture, la pêche en douce et l’élevage par manque de travaux scientifiques prévisionnels.

 Tempête sur les Tropiques

Les pays les plus impactés par une baisse de productivité, à la fois sur l’agriculture et la pêche, se trouvent dans les zones tropicales. En particulier en Amérique latine, Afrique centrale, Afrique du Sud et Asie du Sud-Est. L’étude montre que les pays les plus dépendants de la production alimentaire sont aussi ceux qui présentent la capacité d’adaptation la plus faible.

Plus au Nord, les pertes devraient être moins importantes, tandis que des gains de productivités pourraient même être enregistrés en Russie et au Canada, dans l’hypothèse d’une gestion plus durable de la pêche et d’une diversification des cultures. 

un scénario ambitieux

Cette étude montre aussi l’ampleur des bénéfices d’une forte réduction des émissions de gaz à effet de serre. Dans l’hypothèse d’un réchauffement respectant l’Accord de Paris (RCP 2.6), les pertes cumulées de productivité seraient réduites d’un tiers. 60% de la population mondiale y serait exposée.

Hausse d’un tiers également pour les gains simultanés dans les deux secteurs. Soit 5% de la population au total. Les plus fortes améliorations devraient par ailleurs se produire en Afrique (toute culture et pêche), en Asie (surtout la pêche et le blé), en Amérique latine (blé et soja), en Europe (pêche) et en Amérique du Nord (blé). Un argument supplémentaire en faveur d’une politique climatique volontariste.

 

 

 

 

 



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