7% des espèces connues déjà éteintes

Le 09 juin 2015 par Romain Loury
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Les invertébrés, délaissés par l'UICN
Les invertébrés, délaissés par l'UICN
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Le nombre d’espèces animales éteintes serait bien plus important que ne le laisse croire la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), révèle une étude publiée dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (Pnas). En cause, la faible prise en compte des espèces peu «charismatiques», dont les invertébrés.

Dans sa liste rouge, l’IUCN estime à 799 le nombre d’espèces animales récemment éteintes, parmi le 1,9 million d’espèces décrites à ce jour, soit un taux de seulement 0,04%. Or ce chiffre serait très éloigné de la réalité, estime une équipe du Muséum national d’histoire naturelle (MNHN).

Selon leur étude publiée lundi 8 juin dans les Pnas, l’UICN a une forte tendance à s’attacher aux espèces les plus «charismatiques» auprès du grand public, généralement des mammifères et des oiseaux, dont elle estime que 1,3% des espèces se sont récemment éteintes.

Quant aux invertébrés, ils passent largement inaperçus. C’est cet oubli que les chercheurs ont essayé de quantifier, en menant une extrapolation à partir de l’analyse de 200 espèces d’escargots terrestres.

Des extinctions discrètes

Pour cela, ils ont recouru à deux méthodes: l’une en analysant la littérature et en interrogeant directement les experts mondiaux de ces espèces, les malacologues, l’autre par un modèle mathématique probabiliste, en estimant le risque d’extinction à partir de la dernière date d’observation sur le terrain.

Résultat: «il semble bien qu’une vingtaine de ces escargots aient déjà disparu», constate Claire Régnier, chercheure au MNHN et co-auteure de ces travaux, contactée par le JDLE. Ce qui, étendu aux invertébrés puis à l’ensemble du règne animal, reviendrait à 7% des espèces décrites étant récemment éteintes.

Selon Claire Régnier, «l’objectif de la liste rouge n’est pas de faire un catalogue des extinctions, mais plutôt d’établir un risque d’extinction pour certaines d’entre elles. Déclarer une espèce comme éteinte est un exercice risqué, en effet, si une espèce est déclarée comme disparue, il ne sera plus possible de mettre en place des programmes de sauvegarde la visant».

S’il semble impossible d’envoyer des armées de naturalistes sur le terrain pour déterminer l’état de toute espèce animale, les chercheurs estiment que «les invertébrés peuvent et devraient être mieux évalués si l’on souhaite avoir une meilleure idée de la sixième crise d’extinction» en cours, qui semble bien plus avancée qu’on ne le pensait.



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