60 minutes: «pour» la planète ?

Le 26 mars 2009 par Sonia Pignet
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Samedi 28 mars, l’ONG WWF organise l’opération «60 minutes pour la planète». Durant une heure, la population mondiale est invitée à éteindre les lumières afin de manifester son engagement en faveur de solutions politiques pour le climat. Malgré les précautions prises, une opération d’une telle envergure peut avoir des conséquences sur les émissions de gaz à effet serre.

Les opérations «5 minutes de répit pour la planète», initiées par l’Alliance pour la planète en 2007, ont fait des petits, toujours plus grands. Samedi 28 mars, ce ne sont plus 5 minutes mais 60, pendant lesquelles la population est invitée à éteindre ses lumières. L’expérience avait été menée l’an passé, mais la France n’y avait pas participé pour cause d’élections, l’organisation voulant éviter une récupération politique. Lancé par l’ONG WWF, «60 minutes pour la planète», ou «Earth Hour» puisque l’événement est international, a pour ambition cette année de mobiliser 1 milliard d’humains qui pourront ainsi exprimer leur engagement pour le climat. «Lorsque les dirigeants se réuniront à Copenhague pour négocier un nouvel accord sur le climat, ils devront sentir que le monde entier a les yeux braqués sur eux», explique Serge Orru, directeur général du WWF-France, dans un communiqué.

Quelques jours avant le jour J, 980 villes (dont plus de 200 en France) et plusieurs entreprises, dans plus de 80 pays, se sont déjà engagées. Extinction des monuments pour les premières, des enseignes pour les secondes, parfois même plus, à l’image des restaurants EXKi qui organisent des dîners à la bougie ce soir là, l’opération est préparée bien en amont. Et pas uniquement par WWF; RTE, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité français, est également impliqué. Il faut en effet adapter la production et la distribution de l’électricité à la demande. Un travail qui sollicite de nombreux interlocuteurs, puisque les réseaux électriques des pays sont connectés. Ainsi, lorsqu’un pays européen connait un pic ou une chute de consommation d’électricité, il peut compter sur ses voisins pour lui fournir ou lui récupérer de l’électricité. Cette fois, ce sera plus compliqué. «Nous ne connaissons pas l’impact de cette action sur la consommation d’électricité ; en effet, la baisse de consommation dépendra des gestes qui seront faits par chacun et de l’ampleur de la mobilisation. Nous allons donc devoir gérer cette incertitude sur l’équilibre offre-demande d’électricité. Même si nous avons l’habitude de gérer les aléas, le personnel de RTE sera particulièrement mobilisé et vigilant», confie Clotilde Levillain, directrice déléguée du Centre national d’exploitation du système (Cnes) électrique de RTE.

Pour WWF, pas question de provoquer un black-out: dans son dossier de présentation (1), l’organisation environnementale conseille aux citoyens «d’éteindre et surtout de rallumer progressivement leurs lumières». L’objectif de cette action est avant tout «d’envoyer un message lumineux d’engagement» et «non de réduire notre consommation d’énergie et les émissions de CO2 durant une heure».
D’ailleurs, une telle action aurait plutôt tendance à avoir l’effet inverse sur les émissions de CO2.
Lorsqu’il y a des variations importantes de consommation électrique, «on sollicite des groupes de production à dynamique rapide, hydraulique ou thermique, pour grossir les réserves d’énergie», explique Clotilde Levillain. «La baisse et la hausse de la consommation d’électricité sont susceptibles d’avoir un effet momentané sur les rejets de CO2». En France, nous avons de l’hydraulique, mais pour d’autres pays européens l’ajustement pourra se faire plutôt grâce aux centrales thermiques.


Pour limiter au maximum de telles perturbations, WWF a donc choisi un créneau horaire «correspondant aux périodes de pointe des pays grands consommateurs d’énergie»: entre 20h30 et 21h30. Plus précisément, proche de l’heure de pointe, puisque d’après RTE le pic de consommation les samedis de mars se situe à 19h30 (mais contrairement à 19h30, il est sûr qu’à 20h30, il fera nuit). «En termes de consommation électrique, s’il y a vraiment surconsommation, ce sera marginal. L’éclairage ne correspond qu’à 15% de l’électricité consommée, et il s’agit dans cette opération de quelques pourcentages sur l’éclairage», affirme Damien Demailly, chargé de programme Energie-climat chez WWF. D’ailleurs, l’opération «5 minutes de répit pour la planète» organisée en février 2007 lui donne raison: en France, seule une baisse de la consommation de 800 mégawatts avait été enregistrée, sur une consommation totale de 75.520 MW (2).

Afin que cette édition 2009 ne puisse pas être critiquée pour son impact environnemental, mieux vaudra donc suivre les recommandations de WWF: ne pas couper toute son électricité. «On peut regarder la télévision, utiliser son ordinateur et son électroménager», précise l’organisation. Pour RTE, au-delà des difficultés que cela peut engendrer, Clotilde Levillain estime que «ce qui compte est aussi la sensibilisation à une maîtrise durable de la consommation d’électricité par les gestes simples et réguliers de chacun. »


(1) Voir le dossier de présentation de l’opération de WWF-France.
(2) Dans le JDLE «Les Français ont laissé un petit répit à la planète»


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