500 euros d’amende pour avoir refusé de traiter ses vignes

Le 07 avril 2014 par Romain Loury
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La cicadelle, vecteur de la flavescence dorée
La cicadelle, vecteur de la flavescence dorée
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Emmanuel Giboulot, viticulteur de Beaune (Côte-d’Or) ayant refusé de traiter ses vignes en prévention de la flavescence dorée, a écopé lundi d’une peine de 1.000 euros, dont 500 euros ferme, selon un jugement du tribunal correctionnel de Dijon dont il a aussitôt fait appel.

 

Sa faute? Avoir refusé d’obtempérer à un arrêté préfectoral de juin 2013 qui obligeait les viticulteurs de Côte-d’Or à traiter leurs vignes en prévention de la flavescence dorée, maladie qui provoque la mort des ceps. Or depuis les années 1970, Emmanuel Giboulot cultive ses 11 hectares en biodynamie (voir le JDLE).

Le pesticide proposé par la préfecture, à base de pyréthrine, est pourtant compatible avec le label AB. Pas suffisant pour le viticulteur: ce produit, non sélectif, tue non seulement la cicadelle (vecteur de la maladie), mais aussi d’autres insectes, au risque d’appauvrir une diversité biologique à l’origine de l’efficacité de la biodynamie. Autre motif invoqué par Emmanuel Giboulot, l’arrêté a été publié alors qu’aucun foyer de flavescence dorée n’avait encore été recensé dans le département.

Le tribunal correctionnel de Dijon a tranché lundi: 1.000 euros, dont 500 euros ferme. Le viticulteur, qui encourait six mois de prison et 30.000 euros d’amende, a annoncé son intention de faire appel de cette «peine symbolique», a-t-il indiqué au JDLE.

L’utilisation préventive mis en cause

Le viticulteur dénonce «le caractère infondé de l’arrêté préfectoral», qui «oblige à traiter alors que la maladie n’est pas présente». Emmanuel Giboulot s’affirme d’ailleurs prêt à traiter «en cas de nécessité», celle d’une menace directe sur ses vignes. Depuis l’arrêté de juin 2013, la maladie  a été observée sur des plants isolés dans 4 communes proches de Beaune (Meursault, Saint-Aubin, Volnay, Pommard).

Selon Sandrine Bélier, eurodéputée EELV, «cette peine symbolique» constitue «un mauvais signal envoyé aux agriculteurs qui sont engagés dans une pratique écologique, biologique». En l’occurrence, il s’agit pour eux d’une contrainte à l’utilisation préventive de pesticides  -biologiques cette fois-ci, conventionnels dans d’autres cas-, alors que «l’urgence n’est pas avérée».

Déplorant ce jugement, le porte-parole de l’association Générations futures, François Veillerette, a quant à lui estimé qu’«il était temps d’arrêter de penser l’agriculture uniquement par le prisme de cette lutte chimique dont le combat est perdu d’avance, preuve en est la progression inéluctable de ces agents pathogènes et de leur résistance accrue».



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