50 ans après, le «Printemps silencieux» toujours d’actualité

Le 11 juin 2012 par Geneviève De Lacour
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Rachel Carson est l'auteure de "Silent Spring"
Rachel Carson est l'auteure de "Silent Spring"

«Il y avait un étrange silence dans l’air. Les oiseaux par exemple –où étaient-ils passés? On se le demandait, avec surprise et inquiétude. Ils ne venaient plus picorer dans les cours. Les quelques survivants paraissaient moribonds; ils tremblaient, sans plus pouvoir voler. Ce fut un printemps sans voix... Les générations à venir nous reprocheront probablement de ne pas nous être souciés davantage du sort futur du monde naturel, duquel dépend toute vie.»

Ainsi commence le livre de Rachel Carson, intitulé «Printemps silencieux» paru aux Etats-Unis, il y a 50 ans cette semaine. Le livre de la biologiste allait devenir un best-seller dans le monde entier. L’ouvrage, qui demeure une des œuvres fondatrices du mouvement écologiste, dénonçait alors l’utilisation massive des pesticides en agriculture, notamment du DDT.

«Le progrès et la liberté.» Alors que le DDT a été synthétisé en 1874 par un chimiste allemand, ce n’est qu’en 1939 que ses propriétés insecticides ont été remarquées. Le DDT a été immédiatement considéré comme le produit miracle qui permettrait d’enrayer les épidémies d’insectes ravageurs et donnerait la victoire aux paysans sur les ennemis des récoltes. Dans les années 1940 et 1950, le puissant pesticide est alors massivement utilisé pour le traitement des cultures, des forêts, des rivières grâce aux épandages par avions, surplus de la guerre et adaptés en pulvérisateurs pour récoltes.

Mais le modèle agro-industriel prônant «le progrès et la liberté» fut vite mis à mal par une poignée de scientifiques, dont la biologiste Rachel Carson, qui demandèrent des régulations face à l’essor de la pollution. Des scientifiques qui avaient observé que ces molécules organochlorées (DDT, dieldrine, aldrine) n’étaient pas seulement fatales aux insectes mais aussi stockées dans les tissus adipeux des animaux, s’accumulant dans les organismes tout au long de la chaine alimentaire.

La biologiste américaine, qui n’en était pas à son premier livre, introduisait ainsi dans l’esprit du public américain la notion d’écologie, d’interconnexion entre toutes les espèces vivantes, du lien étroit entre les espèces et leur habitat. Elle montrait aussi pour la première fois à quel point l’humain fait partie intégrante de ce système et de quelle manière il perturbe les équilibres, là où la nature a mis des millions d’années à les construire.

Cette notion d’interdépendance, communément admise de nos jours, ne l’était pas en 1962. Son point de vue, considéré alors comme radical, impliquait pour la première fois que la science et la croissance économique ne sont pas forcément positives à long terme, et que l’élément «Terre» doit être pris en compte.

L’industrie chimique américaine réagit très violemment à l’ouvrage de Rachel Carson. Elle-même fut personnellement dénigrée et qualifiée d’«hystérique».  Il faut dire que quelques mois après la première parution, le livre s’était vendu à plusieurs millions d’exemplaires.

Aujourd’hui, la polémique sur les pesticides n’est pas terminée puisqu’elle porte actuellement sur les néonicotinoïdes, une autre famille de pesticides, accusés d’être en partie responsables de l’hécatombe des abeilles mellifères.

La biologiste est décédée d’un cancer deux ans après la publication de «Silent Spring», en 1964.

C’est en 1970, sous Nixon, que fut créée l’agence américaine de protection de l’environnement (US EPA) qui conclut en 1972 que les preuves scientifiques étaient suffisantes pour justifier l’interdiction du DDT aux Etats-Unis.



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