5 fois moins de poissons débarqués en mars

Le 06 avril 2020 par Stéphanie Senet
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De moins en moins de chalutier peuvent sortir en mer.
De moins en moins de chalutier peuvent sortir en mer.

Dans une note publiée fin mars sur son site, FranceAgriMer fait état d’une division par cinq des débarquements de produits de la mer, en France, lors la semaine du 23 mars.

La fermeture des restaurants et les risques de contamination sur les navires expliquent cette chute historique des captures halieutiques. La semaine du 23 au 19 mars, 146 navires ont débarqué 612 tonnes de produits de la mer. Les deux années précédentes, les résultats étaient en moyenne 5 fois supérieurs: 495 navires pour 2.947 t de produits de la mer.

En Bretagne, les apports proviennent essentiellement de la pêche côtière. Dans les Hauts-de-France, la situation est plus équilibrée avec des débarquements, à Boulogne-sur-mer (Pas-de-Calais), de lieu noir et de merlan, côtoyant des livraisons de coquille Saint-Jacques, calmar et sole issues de la pêche côtière.

Chute des ventes de 83%

La semaine du 23 mars a également enregistré une chute des ventes dans les halles à marée. Les 900 tonnes commercialisées représentent une régression de 69% par rapport à la semaine du 16 mars et de 83% par rapport à une semaine moyenne (sur les 3 années précédentes), selon FranceAgriMer qui s’appuie sur des chiffres provenant de la direction des pêches du ministère de l’agriculture.

La seule fermeture des restaurants est responsable d’une baisse de 50% de la consommation intérieure en France et de la chute des cours, selon l’établissement national de produits de l’agriculture et de la mer. De nombreux petits bateaux ont aussi été cloués à quai faute de pouvoir respecter à bord les mesures de distanciation.

Soutiens à venir

Le ministère de la pêche a indiqué, le 2 avril, avoir reçu l’accord de Bruxelles pour financer les arrêts de travail temporaires auprès des entreprises. Reste à obtenir le feu vert du Parlement et du Conseil européens. Les pêcheurs espèrent aussi bénéficier du chômage partiel pour financer les équipages restés à quai, en espérant que les deux dispositifs soient compatibles.