35.000 € requis pour avoir pollué l’estuaire de la Gironde

Le 15 octobre 2014 par Stéphanie Senet
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Entre 50 et 150 mètres cube de pétrole brut ont été déversés dans la Garonne
Entre 50 et 150 mètres cube de pétrole brut ont été déversés dans la Garonne

Sept ans après la rupture d’une cuve d’hydrocarbure, générant une pollution de l’estuaire de la Gironde, le réquisitoire est tombé. Des amendes de 30.000 et 5.000 euros ont été demandées le 13 octobre par le procureur général du tribunal correctionnel de Bordeaux, respectivement à la Société pétrolière du bec d’Ambès (SPBA) et à son ancien directeur général Gilles Coudrette.

Les nombreuses parties civiles, dont l’association Sepanso Gironde et France Nature Environnement, reprochent à cet ancien directeur général de la SPBA (filiale de Total et d’Esso), de n’avoir pas vidé la cuve aussitôt la fuite d’hydrocarbure détectée, le 11 janvier 2007. Seul un pied d’eau[1] a été mis en place. A cause de son usure, cette cuve s’est rompue le lendemain matin, déversant 13.000 mètres cubes de pétrole brut dans des bacs de rétention et entre 50 et 150 m3 dans les eaux de la Garonne et de la Dordogne par l’effet des marées montantes. Une nappe de 5 mètres de large et d’1 kilomètre de long s’est ainsi formée. Un deuxième déversement dans le fleuve s’est produit le 27 février 2007 en raison d’une fuite d’un bassin de décantation mis en place après la rupture de la cuve.

«Le simple bon sens était la vidange mais la société a privilégié la rentabilité au préjudice de notre richesse qu’est l’environnement», a déclaré à l’AFP François Ruffié, avocat de 5 associations environnementales, qui réclament plus de 250.000 € de dommages-intérêts. «Outre de nombreuses morts d’oiseaux, les anguilles et les aloses ont été contaminées par des dioxines et des polychlorobiphényles (PCB)», affirme au JDLE Daniel Delestre, président de Sepanso Gironde.

La commune de Macau, classée zone Natura 2000 en face du complexe pétrolier, réclame aussi 3,56 M€ de dommages-intérêts pour sa population (soit 1.000 € par habitant).

Le plaignant a de son côté souligné que la vidange était programmée au lendemain de la découverte «d’une fuite faible» et que rien n’indiquait qu’elle aurait évité la rupture de la cuve.

Le tribunal correctionnel de Bordeaux rendra son jugement le 17 novembre.

 



[1] L’opération consiste à injecter de l’eau dans la cuve pour qu’elle tapisse le fond en cas de fuite

 



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