30% des stocks de poisson toujours surexploités

Le 10 juillet 2012 par Stéphanie Senet
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La pêche et l'aquaculture augmentent de 3% par an depuis les années 1960
La pêche et l'aquaculture augmentent de 3% par an depuis les années 1960

Un nouveau rapport publié le 9 juillet par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) rappelle l’état critique de la pêche dans le monde.

Présenté à l’ouverture de la 30e session du Comité des pêches de l’organisation, ce document révèle que le secteur de la pêche et de l’aquaculture a produit 148 millions de tonnes de poisson en 2010, dont 128 Mt ont été destinées à la consommation, soit en moyenne 18,4 kilogrammes par personne. Cela a représenté un chiffre d’affaire de 217,5 milliards de dollars (177 Md€).

De surcroît, une tendance à la hausse est observée. Selon les données préliminaires recueillies par la FAO, la pêche et l’aquaculture devraient atteindre 154 Mt en 2011 dont 131 Mt pour l’alimentation (+2,3%). Et cette progression devrait être confirmée dans les années à venir.

Globalement, l’offre générale de poisson a enregistré une hausse record en 50 ans, avec un taux moyen de croissance de 3,2% pour la période 1961-2009 alors que la population mondiale n’a progressé que de 1,7% sur la même période.

L’Océanie reste le continent le plus gourmand, avec une consommation de 24,6 kg/hab en 2009. L’Amérique du Nord en consomme à peu près autant (24,1 kg/hab), devant l’Europe (22 kg/hab), et l’Asie (20,7). Plus loin, se trouvent l’Amérique latine et les Caraïbes (9,9 kg/hab) et l’Afrique (9,1 kg/hab).

La pêche et l’aquaculture jouent bien sûr un rôle vital dans l’économie mondiale. Elles assurent un moyen d’existence, direct ou indirect, à 12% de la population mondiale. En 2010, près de 55 millions de personnes travaillaient dans le secteur primaire de la pêche (capture et aquaculture). Elles représentent par ailleurs la principale source de protéines pour 17% des Terriens.

Toutefois, le secteur est confronté à une série de problèmes croissants, qu’énumère Arni M. Mathiesen, chef du département des pêches et de l’aquaculture à la FAO: «Une mauvaise gouvernance, des régimes d’aménagement des pêches précaires, des conflits sur l’utilisation des ressources naturelles, le recours persistant à de mauvaises pratiques, sans oublier le manque d’intégration des droits des petites communautés de pêcheurs et les injustices liées à la discrimination des femmes et au travail des enfants». Or les pêches artisanales emploient 90% des pêcheurs dans le monde. Les femmes représentent au moins 50% de la main d’œuvre des pêches occidentales et vendent jusqu’à 60% des fruits de mer en Asie et en Afrique de l’Ouest.

Les stocks halieutiques marins restent soumis à de fortes pressions. Selon le rapport, près de 30% sont surexploités et 57% sont pleinement exploités (c’est-à-dire que les prises atteignent ou sont proches du rendement constant maximal). Seulement 13% des stocks de poisson ne sont pas pleinement exploités.

En guise de recommandations, la FAO rappelle qu’elle est à l’origine d’un Code de conduite pour une pêche responsable qui permet d’assurer une conservation et une gestion rationnelles des ressources bioaquatiques.

En Europe, selon un rapport publié le 9 juillet par la Commission européenne, la capacité de la flotte se réduit quant à elle très lentement. Elle a en effet diminué de 2% en puissance de moteur et de 4% en tonnages en 2010. «A ce rythme, la réduction de la surcapacité sera très lente, d’autant que le progrès technologique compense en partie cette baisse», indique Bruxelles.

 

 



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