3°C: le lourd prix à payer des pays pauvres

Le 25 novembre 2015 par Stéphanie Senet
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Un degré de plus alourdit très fortement la facture des pays en développement
Un degré de plus alourdit très fortement la facture des pays en développement

Dans l’hypothèse d’un réchauffement de 3°C à la fin du siècle, ce degré supplémentaire alourdira la facture des pays en développement de 50%, alerte un rapport d’Oxfam publié ce 25 novembre.

 

Si l’on se base sur les engagements étatiques pris dans le cadre des 173 INDC[1] déposées, on sait que le réchauffement ne sera pas limité à 2°C d’ici la fin du siècle mais plutôt à environ 3°C. Ce degré supplémentaire va coûter cher aux pays en développement. L’ONG britannique estime que d’ici 2050, les coûts d’adaptation des pays en développement s’élèveront au total à 750 milliards d’euros par an. Soit 50% de plus que le montant de la facture d’une adaptation à 2°C (500 Md€).

Les dommages économiques d’un tel échauffement grimperont à 1.600 Md d’euros; soit une addition alourdie de 30%.

Alors que l’enveloppe dédiée à l’adaptation par les pays développés est au cœur des actuelles négociations climatiques, cette estimation fournit un argument de poids pour inciter les Etats à davantage d’ambition dans la réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre. «Le coût humain du changement climatique doit être au cœur des discussions de Paris. Ainsi, nous obtiendrons un meilleur accord pour les pays moins avancés», résume Winnie Byanyima, directrice exécutive d’Oxfam.

 

Le retour du vieux schéma Nord-Sud

Cinq jours avant l’ouverture de la conférence climatique de Paris (COP 21), l’engagement financier reste une grande inconnue. Le débat s’est polarisé entre les pays développés et les pays en développement, sur le vieux schéma d’opposition Nord-Sud, avec le blocage du groupe Umbrella (Etats-Unis, Canada, Japon, Australie, Nouvelle-Zélande, Russie…) qui refuse que le texte de Paris mentionne un quelconque engagement financier.

De leur côté, les pays en développement, regroupés au sein du G77, sont clairs: ils considèreraient l’exclusion des pertes et dommages comme un casus belli.

 

Adaptation versus prévention

En 2013-2014, seuls 16% des financements climatiques ont aidé les pays pauvres à couvrir les dommages liés aux événements extrêmes (inondations, sécheresses, tempêtes) selon l’ONG. La grande majorité des fonds ont été destinés aux mesures préventives comme la production d’énergies renouvelables. C’est pourquoi, au delà de la promesse de verser 100 Md$ (94 Md€) par an à partir de 2020, Oxfam insiste sur la nécessité d’affecter au moins 50% de cette manne à l’adaptation en 2020.

 

Un plan d’urgence pour l’Afrique

La Banque mondiale a annoncé, le 24 novembre, un plan d’aide pour l’Afrique de 15 Md€ pour aider le continent à lutter contre le changement climatique. Présenté lors de la COP 21, ce programme vise à soutenir les pratiques agricoles favorables à l’environnement, réduire l’érosion des côtes, développer les énergies renouvelables… Selon la Banque mondiale, seulement 2,8 Md€ de financements sont aujourd’hui alloués à l’Afrique pour l’adaptation au changement climatique. Pour relever cette enveloppe à 15 Md€ d’ici 2020, environ 5,3 Md€ seront versés par l’Association internationale de développement.



[1] INDC: Intended nationally determined contributions (contributions prévues déterminées au niveau national)

 



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