2016: un CO2 stable, les autres GES en hausse

Le 28 septembre 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les émissions de CO2 ne progressent plus.
Les émissions de CO2 ne progressent plus.
VLDT

L’année passée n’aura pas été une bonne année pour le climat. Une fois encore, les activités humaines ont accru les émissions de gaz à effet de serre (GES). Mais tous les secteurs ne sont pas à loger à la même enseigne.

 

Selon une étude de l’agence d’évaluation de l’environnement néerlandaise (PBL), nous avons collectivement émis l’an passé 49,3 milliards de tonnes de GES: un chiffre en hausse de 0,5% par rapport à 2015. Cette année-là avait pourtant été marquée par une stabilisation des émissions mondiales. Est-ce à dire que le mouvement s’est inversé? Ce n’est pas aussi simple.

Croissance faible

D’abord, rappellent les trois auteurs, des croissances aussi faibles (exception faite des années de crise économique sévère:1998 et 2008-2009) n’ont jamais été observées depuis le début des années 1990.

Peut mieux faire. Selon un recensement établi par le Climate Action Network et l’ODI, l’Europe (UE et 11 Etats) ont consacré, entre 2014 et 2016, 112 milliards d’euros par an pour subventionner production et consommation d’énergies fossiles. Le montant des seuls soutiens publics français dépasse les 10 Md€/an. En mai 2016, les pays du G7 se sont engagés à supprimer ces subventions d’ici à 2025.

Le ralentissement de la croissance des rejets de dioxyde de carbone (+0,3% en 2016, contre 0,8% en 2014) reflète les bouleversements en cours que subit le secteur énergétique mondial: baisse de consommation de charbon et son remplacement progressif par le gaz naturel, développement des énergies solaire et éolienne. Au sein des 5 plus gros émetteurs mondiaux[1], seule l’Inde (dont les programmes renouvelables sont encore balbutiants) a accru l’an passé ses émissions de GES.

N'oublions pas le méthane

Si la croissance ne vient pas du CO2, c’est du côté des autres GES qu’il faut chercher: méthane, protoxyde d’azote et gaz de synthèse fluorés ‘pèsent’ environ 28% de notre empreinte climatique, contre 72% pour le CO2.

Avec le développement de l’agriculture (grandes cultures, riziculture, élevage sont de gros émetteurs de méthane et de protoxyde d’azote), des rejets croissant d’eaux usées et de la climatisation, les émissions de ces GES ont progressé de 1% entre 2015 et 2016.

Inquiétant, si l’on se souvient que la plupart de ces molécules (à l’exception du méthane) séjournent longtemps dans l’atmosphère. Et que leur pouvoir réchauffant est bien plus important que celui du gaz carbonique.

 

 



[1] La Chine, les USA, l’Union européenne, l’Inde et la Russie sont à l’origine de 63% des émissions mondiales de GES.

 



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