2011 : année sécheresse ?

Le 21 avril 2011 par Célia Fontaine
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Il y a eu peu de précipitations cet hiver.
Il y a eu peu de précipitations cet hiver.
crédit photo: Christian Longo

Le spectre de la sécheresse plane sur la France. Alors que la ministre en charge de l’Ecologie a annoncé ce 21 avril la convocation d’un « comité sécheresse » pour la mi-mai, les prévisions de Météo France laissent présager une situation tendue pour les mois à venir.

Au 1er avril, environ 58% des réservoirs affichent un niveau inférieur à la normale. Or, cette période de l’année devrait bénéficier de la recharge généralisée liée aux précipitations hivernales, selon le cycle hydrologique naturel. La situation des niveaux de nappe est ainsi globalement assez perturbée, en raison de déficit pluviométrique sur certaines régions, comme l’Aquitaine, la Bretagne, et le Centre.

 
Huit départements ont déjà imposé des restrictions d'usage de l'eau. Particulièrement touchés, la Seine-et-Marne, l’Essonne et le Val-de-Marne sont placés sous le niveau d'alerte 3 (le plus élevé). Conséquence, les agriculteurs, notamment, devront veiller à restreindre les irrigations.
 
La nappe calcaire phréatique de Champigny reste critique. «La recharge hivernale se poursuit sur l’ensemble des piézomètres où les niveaux sont inférieurs aux normales dans la partie Ile-de-France, et au-dessus des moyennes de saison en région Champagne-Ardenne», indique le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) dans son bulletin de situation au 1er avril 2011.
«En région Centre, beaucoup de nappes d’eaux souterraines présentent des niveaux exceptionnellement bas. Si l’on regarde les 50 dernières années, 2011 se classe parmi les 5 les plus sèches», estime Claude Gitton, du service Eau et biodiversité de la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal) Centre.
 
Les ponctions sur la ressource vont devoir être réduites de moitié (alerte niveau 2) dans les Deux-Sèvres et en Charente-Maritime, tandis que le Cher, la Charente et la Vienne sont placés au niveau d'alerte le plus faible.
 
Le mois de mars 2011 affiche donc clairement des cumuls de précipitations déficitaires par rapport à la normale. Cette situation préoccupe depuis le mois de septembre 2010, début de l'année hydrologique: «Les cumuls de précipitations relevés sont déficitaires par rapport aux normales sur tout le territoire à l'exception du pourtour méditerranéen, de l’île de Beauté et de l’est du Massif central», selon le dernier bulletin national de situation hydrologique publié par le site Eaufrance le 11 avril.
 
Les déficits en eau sont supérieurs à 75% par endroits, ce qui affecte gravement les ressources en eau. Sur le Limousin, le nord du massif alpin, le Jura et le sud des Vosges, le cumul des précipitations se situe seulement entre 50 et 75% de la normale.
Les sols sont également assez secs sur la moitié nord du pays et les plaines du Sud-Ouest, «alors que la part de l'évapo-transpiration dans l'assèchement des sols est encore limitée à cette époque de l'année». La végétation, favorisée par le climat très doux, a besoin d’absorber beaucoup d’eau pour sa croissance, et cela accélère le processus d’assèchement des sols.
 
Face à cette situation, le ministère de l’environnement a annoncé qu’à partir de la mi-mai, le comité de sécheresse se réunirait toutes les 6 semaines, afin «d'aider tous les usagers à anticiper la situation possible cet été», a indiqué Nathalie Kosciusko-Morizet.
Ce comité réunit des représentants de différentes directions comme la santé, l'alimentation, l'agriculture et la forêt, ainsi que l'environnement et le logement.
 
Par ailleurs, un plan national de préparation au changement climatique, qui prévoit de réduire tous les usages de l'eau, sera présenté en juin.
 
S’il est scientifiquement impossible de prévoir le détail des situations météorologiques plus de 10 jours à l'avance, Météo France annonce que la chaleur risque de perdurer. «Il suffirait de 10 jours de pluie continue pour que les niveaux des nappes reviennent à la normale», estime François Vinit, climatologue à Météo France. «Mais il est impossible de faire des estimations en ce qui concerne les précipitations», insiste-t-il. 
 
La prévision saisonnière n’a en effet rien à voir avec les prévisions classiques. Elle vise les conditions moyennes sur les trois mois à venir, à l'échelle d'une région comme l'Europe de l'Ouest. Or, «à cause de l’océan Atlantique, il est beaucoup plus difficile de prévoir le temps qu’il fera en Europe», prévient Météo France. On cherche par exemple à déterminer si l'hiver prochain sera probablement plus chaud ou plus froid, plus sec ou plus humide que les normales saisonnières. Pour la température moyenne comme pour les précipitations, la prévision exprime le choix du scénario le plus probable (privilégié) parmi trois scénarios prédéfinis: proche, en dessous ou au-dessus des normales saisonnières. La fiabilité de ces prévisions est bien meilleure Outre-mer qu'en métropole, où elle est modeste, en particulier pour les précipitations.


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