2010: moins de polluants rejetés par les raffineries

Le 01 août 2005 par Claire Avignon
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raffinerie
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Suite à la publication, le 27 juillet, de l'arrêté sur les nouvelles normes d'émissions dans l'air pour les raffineries de pétrole, les groupes pétroliers vont devoir investir des moyens conséquents qui s'ajoutent à ceux liés à la désulfuration des carburants.

Esso, Innovène (filiale de BP dont la société-mère va se séparer l'année prochaine), Shell et Total vont devoir investir environ 200 millions d'euros d'ici 2010 pour mettre aux normes leurs 4 raffineries des Bouches du Rhône concernant les rejets de dioxyde de soufre (SO2), d'oxyde d'azote (NOx) et de particules; dont 50 à 100 millions d'euros pour la seule raffinerie d'Innovène à Lavéra, «la plus grosse et la plus ancienne», selon Marine Le Ster, en charge du projet de séparation de BP et Innovène. Extrapolés aux 14 raffineries françaises (dont une à Fort-de-France en Martinique), les investissements apparaissent importants surtout lorsqu'ils s'ajoutent aux investissements nécessaire pour produire des carburants à très basse teneur en soufre (50 parties par million -ppm- depuis le 1er janvier 2005, puis 10 ppm en 2009). «Entre 2005 et 2006, Innovène va investir 150 millions d'euros pour enlever le soufre des carburants», explique François Quelin, directeur des opérations pour la raffinerie d'Innovène à Lavéra.

Or les résultats liés à l'arrêté du nouvel arrêté ministériel n'auront pas un impact important sur la qualité de l'air en France, selon l'Union française des industries pétrolières (Ufip) qui cite les chiffres du Centre interprofessionnel technique de la pollution atmosphérique (Citepa). Ainsi, en 2003, l'activité de raffinage a représenté 1,8% des émissions totales françaises, contre 14% pour les poids lourds ou 9,2% pour les véhicules essence non catalysés. Le raffinage est ainsi le 17e émetteur de NOx. Les données sont du même ordre pour les particules, mais pas pour le SO2: si les raffineries ont divisé par 2 leurs émissions depuis 1992, elles ont tout de même rejeté 24% des émissions totales françaises en 2003.

C'est d'ailleurs sur la baisse des émissions de SO2 que vont porter une part importante des efforts des groupes pétroliers. «Nous envisageons un panel de solutions, explique Philippe Gateau, porte-parole de Total qui possède 6 raffineries en France. Leur mise en oeuvre variera énormément d'une raffinerie à l'autre.» Outre le lavage des fumées et le changement de brûleur, Total devrait passer du fioul au gaz naturel: «Ce dernier contient moins de soufre et sa combustion rejette moins de NOx, continue Philippe Gâteau. Le changement représente moins des coûts d'investissement que des coûts opérationnels.» Des montants qui s'avèrent encore plus importants pour les autres raffineurs qui, au contraire de Total, n'ont pas d'activité dans le gaz naturel. «Le prix du gaz n'est pas libéralisé en France, indique François Quelin. Et l'accès à la logistique doit forcément passer pas Total ou Gaz de France. Ce sont les 2 inconvénients majeurs du gaz.» De son côté l'Ufip est aussi réservée: «D'une part, il est bon pour un industriel d'avoir le choix entre deux combustibles: il peut passer de l'un à l'autre selon son prix sur le marché. Et surtout, passer complètement au gaz signifierait exporter le fioul produit dans les raffineries et importer du gaz. Or, la tendance est de transporter le gaz liquéfié, ce qui demande beaucoup d'énergie. Au final, le bilan n'apparaît pas bon pour les émissions de CO2.»

Maintenant que l'arrêté, transcription dans le droit français d'une directive européenne, a été publié, les raffineries vont devoir présenter à la Direction régionale de l'industrie, de la recherche et de l'environnement (Drire) dont ils dépendent une feuille de route des solutions qui vont être mises en oeuvre les prochaines années. «Nous espérons que la Drire acceptera un allongement de l'échéance jusqu'en 2012, explique François Quelin. Les échanges que nous avons pu avoir avec la ministre chargée de l'environnement, Nelly Olin, le 28 juillet, nous ont montré qu'elle était sensible à nos arguments. En outre, nous voudrions nous engager sur une obligation de résultats, non pas sur une obligation de moyens, en choisissant librement les technologies qui nous semblent les plus pertinentes.»




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