2010, la folle année énergétique

Le 09 juin 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le charbon produit le tiers de l'énergie mondiale.
Le charbon produit le tiers de l'énergie mondiale.

Grâce à la reprise économique, la consommation mondiale d'énergie a progressé à un rythme effréné. Et, malgré le dynamismes des renouvelables, les "fossiles" restent encore prédominants dans le mix énergétique.

Comme chaque année à pareille époque, BP publie son recueil de statistiques énergétiques mondiales. En quelque 45 pages, riches en tableaux, en graphiques et en cartes, le lecteur se voit proposer une rétrospective de l’année énergétique passée. Bref, c’est une référence dans le monde de l’énergie, au même titre que le rapport annuel de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), le fameux World Energy Outlook.
 
Et en ce domaine, 2010 n’a pas été une année tout à fait comme les autres. On pourrait même dire qu’elle fut celle de tous les excès. Pour la première fois depuis… 1973, la demande d’énergie primaire a progressé de 5,6% en un an. Elle atteint désormais 12.002,4 millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep). A dire vrai, l'AIE avait un peu grillé la politesse de BP, en indiquant, le 30 mai que les émissions énergétiques mondiales de CO2 avait progressé, l'an passé, de 5% [JDLE].
 
Reprise économique oblige, la croissance de la demande en énergie n’a été, selon BP, «que» de 3,5% dans les pays de l’OCDE. Ce qui est conforme, nous disent les statisticiens du pétrogazier britannique, à l’évolution moyenne observée ces 10 dernières années.
 
Dans les pays non-OCDE, en revanche, l‘appétit de kilowattheures a cru de 7,5% et de 11,2% en Chine. Ce qui explique que l’empire du Milieu ait, l’an passé, décroché la place de plus gros consommateur mondial d’énergie, devant les Etats-Unis. Aujourd’hui, 20,6% des kWh mondiaux sont consommés en Chine.
 
Le pétrole reste la source d’énergie la plus utilisée, puisque fournissant 33,6% de l’énergie mondiale. En revanche, sa demande continue de diminuer, pour la 11e année consécutive.
 
La consommation de gaz naturel a bondi de 7,4%, ce qui ne s’était pas vu depuis 1984. Les Etats-Unis restant le premier producteur (avec les gaz non conventionnels) et consommateurs des précieuses molécules. Environ 24% de l’énergie mondiale sont issus de la combustion du gaz.
 
Le charbon continue de bien se porter. Sa consommation a fortement progressé : +7,6%. Son meilleur «score» depuis 2003. A noter que la part du pire combustible pour le climat dans le mix énergétique mondial augmente d’année en année : 29,6% en 2010, contre 25,6% au début du siècle.
 
Les énergies «bas carbone» ne s’en tirent pas trop mal. Grâce à la mise en service de nouvelles capacités et à une année pluvieuse, les bonnes performances de l’hydroélectricité chinoise font grimper de 5,3% la production mondiale des barrages. L’énergie bleue représente 6,46% du mix mondial. Le volume d’électricité produite par les centrales nucléaires ne progresse, en revanche, que de 2%. L’atome produit désormais 5,12% de l’énergie du monde.
 
Beaucoup plus, en tout cas, que les renouvelables. En grande partie grâce au dynamisme des marchés américain et brésilien, la production d’agrocarburants a augmenté de 13,8%. En raison de l’explosion éolienne, la production d’électricité d’origine renouvelable signe aussi un très beau score: +15,5%. Cela étant, le poids des ENR dans la production d’énergie primaire reste encore marginale : 1,3%.
 
Dans son dernier rapport spécial [JDLE], le Giec rappelle qu'en combinant forts investissements et politiques efficaces d'économie d'énergie, les «énergies vertes» pourraient fournir l'essentiel de l'énergie dont l'humanité a besoin. A l'horizon 2050.

  



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