2010: l’année la plus chaude depuis 1880

Le 31 mars 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les climatologues n’avaient guère de doute. Mais l’ampleur du phénomène a été officialisée, il y a quelques jours, par l’organisation météorologique mondiale (OMM).

Dans sa Déclaration annuelle sur l’état du climat mondial, l’institution onusienne indique que la température moyenne globale, en 2010, présente une anomalie positive estimée à 0,53°C par rapport à la normale calculée pour la période 1961-1990. Résultat: 2010 devance très légèrement les anomalies «les plus chaudes» observées depuis 1880, à savoir les années 2005 (+0,52°C) et 1988 (+0,51°C).

Autre confirmation: la décennie passée est bien la plus chaude jamais observée depuis qu’existent les statistiques météorologiques. La température moyenne observée a été de 0,46°C supérieure à la normale calculée pour la période 1961-1990 et de 0,21°C supérieure à la normale de la décennie 1991-2000.

Les changements climatiques n’étant pas homogènes sur l’ensemble du globe, le mercure s’est comporté différemment selon les régions.

L’année 2010 est la plus chaude jamais enregistrée dans l’hémisphère Nord, notamment en Afrique de l’Ouest, dans le Sahara, dans la péninsule arabique, en Méditerranée, en Asie méridionale, Asie centrale/Asie du Sud-Ouest et Groenland, Arctique canadien. Dans certaines de ces régions, la température a parfois été de 1°C supérieure à la moyenne.

Sur les terres émergées, des températures inférieures à la normale ont été observées dans des zones limitées, les plus importantes couvrant la Sibérie centrale et occidentale, le nord et le centre de l’Australie, une partie de l’Europe du Nord, le sud-est des Etats-Unis d’Amérique et une zone centrée sur Beijing, dans le nord-est de la Chine.

Les températures océaniques sont restées inférieures à la moyenne dans le Pacifique oriental sous l’influence de La Niña, mais l’anomalie était positive dans la plupart des autres régions. L’Atlantique tropical était particulièrement chaud, les températures de surface de la mer battant des records dans une grande partie de la zone. De même, les températures de surface de la mer n’avaient jamais été aussi élevées dans les zones océaniques qui entourent l’Australie.

D’après une analyse faite par le Centre américains de données climatologiques (NCDC, selon l’acronyme anglais), les précipitations continentales en 2010, moyennées à l’échelle du globe, sont les plus abondantes jamais enregistrées, dépassant de 52 millimètres la moyenne calculée pour la période 1961–1990 (1.033 mm).

Les précédents records, en 1956 et 2000, coïncidaient eux aussi avec des épisodes La Niña de forte intensité. Les précipitations ont été très abondantes en 2010 sur une grande partie de l’Asie orientale et de l’Australie. L’île-continent a connu la deuxième année la plus pluvieuse de son histoire (52% de plus que la moyenne calculée pour 1961–1990), situation imputable à l’épisode La Niña de forte intensité (comme en 1974, année record), et les précipitations ont été nettement excédentaires sur la majeure partie de l’Indonésie, du Japon et du sud-est de la Chine. Il a aussi beaucoup plu au Pakistan (où les précipitations de mousson se sont classées au 4e rang des plus abondantes qu’ait connues le pays), et dans l’ouest de l’Inde.

Les précipitations ont été également très abondantes sur une grande partie de l’Europe centrale et du Sud-Est ainsi que dans les régions voisines d’Asie, dépassant de 50% ou plus la normale par endroits. En Hongrie, il n’avait pas plu autant depuis 1901, et certains lieux comme Brousse (Turquie) et Novi Sad (Serbie) ont enregistré une pluviosité record en 2010. Par contraste avec les dernières années, les précipitations ont été abondantes sur la majeure partie de la péninsule ibérique. Au Portugal, c’est l’année la plus pluvieuse de la décennie écoulée (20% de plus que la normale), tandis que dans certaines régions du sud-ouest de l’Espagne, l’excédent pluviométrique a dépassé 50%.

En 2010, la pluviosité a été supérieure à la normale sur une grande partie de l’Afrique de l’Ouest, y compris le Sahel. Elle a été largement excédentaire dans certaines régions du nord-ouest de l’Amérique du Sud et les zones adjacentes, en particulier dans le nord et l’ouest de la Colombie et le nord de la République bolivarienne du Venezuela; en Colombie, la ville de Cartagena a reçu 2.485 mm de pluie (150% de plus que la normale) entre mai et décembre, et une pluviosité annuelle record a été relevée à maints endroits.

D’autres grandes régions ont connu des précipitations supérieures à la normale, notamment une grande partie du nord et de l’ouest des Etats-Unis, les Prairies canadiennes et le sud-est du Brésil. Les régions qui ont connu des précipitations inférieures à la normale sur l’ensemble de l’année étaient moins nombreuses, même si de graves sécheresses ont sévi une partie de l’année dans certaines d’entre elles. Les précipitations annuelles ont été largement déficitaires dans le nord-ouest de l’Europe, dans la majeure partie de l’Argentine et du Chili, dans de nombreuses îles du Pacifique central et oriental et dans l’extrême sud-ouest de l’Australie.

Certaines parties du bassin de l’Amazonie ont particulièrement souffert de la sécheresse pendant le deuxième semestre 2010. Dans le nord-ouest du Brésil, une période de sécheresse inhabituelle, de juillet à septembre, a considérablement réduit le débit des cours d’eau dans de nombreux secteurs du bassin de l’Amazone. Le Rio Negro, l’un de ses principaux affluents, a atteint son plus faible niveau jamais observé. Plus tôt dans l’année, les Caraïbes orientales ont été durement frappées par la sécheresse, la hauteur de précipitation pour la période comprise entre octobre 2009 et mars 2010 correspondant généralement aux 10% des années les plus sèches parmi celles qui ont fait l’objet de relevés. Les régions situées dans l’extrême nord du continent sud-américain –dont beaucoup devaient connaître de graves inondations plus tard dans l’année– ont accusé elles aussi une pluviosité nettement déficitaire: sur une grande partie du territoire vénézuélien, la période janvier – mars 2010 est la plus sèche qui ait été observée depuis plus de 100 ans.

En Asie, certaines régions du sud-ouest de la Chine ont dû faire face à une sécheresse intense à la fin 2009 et au début 2010. Dans les provinces du Yunnan et du Guizhou, on a enregistré les plus faibles précipitations depuis le début des relevés pendant la période comprise entre septembre 2009 et mi-mars 2010, avec des hauteurs totales de précipitation généralement inférieures de 30 à 80% à la normale.

D’autres régions du sud de l’Asie, comme le nord-est de l’Inde, le Bangladesh et certaines parties de la Thaïlande et du Viet Nam, ont connu une sécheresse relative durant la grande mousson, même si des inondations se sont produites en Thaïlande et au Viet Nam en octobre. En Australie, bien que des précipitations supérieures à la normale aient atténué la sécheresse persistante dans nombre de régions, le Sud-ouest a nettement fait exception, puisque l’année 2010 y a été la plus sèche jamais observée.

En 2010, l’activité cyclonique à l’échelle du globe a été la plus faible de l’ère des satellites modernes (de 1970 à aujourd’hui). Un total de 67 tempêtes a été observé, dont 34 ont atteint la force d’un ouragan, soit 1 de moins que les 68 enregistrées en 1976 et 1977. C’est le chiffre le plus bas relevé depuis 1970 –inférieur d’environ 20% à la moyenne calculée pour la période 1970–2009– et le nombre d’ouragans est aussi bien inférieur à la moyenne, qui est de 44. L’Atlantique Nord est le seul bassin océanique où l’activité cyclonique a été supérieure à la normale.

L’étendue de la banquise de l’Arctique a encore été très inférieure à la moyenne en 2010. Elle a atteint son minimum le 19 septembre, sa superficie s’établissant alors à 4,6 millions de kilomètres carrés, soit le troisième minimal saisonnier le plus faible observé par satellite après ceux de 2007 et 2008. Dans le secteur canadien, on a relevé la plus faible étendue de glace estivale jamais observée.

En revanche, l’étendue de la banquise de l’Antarctique a été en général légèrement supérieure à la normale pendant la majeure partie de l’année, la moyenne mensuelle minimale étant de 3,16 millions de km2 en février, soit une valeur supérieure de 0,22 million de km2 à la moyenne calculée sur le long terme. Fin 2010, elle avait retrouvé des valeurs proches de la normale. Quant aux températures moyennes relevées dans l’Antarctique, elles étaient légèrement supérieures à la normale.

 



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