2001-2010: la décennie extrême

Le 03 juillet 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Plus de 500 tempêtes ont été observées entre 2001 et 2010.
Plus de 500 tempêtes ont été observées entre 2001 et 2010.
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Que l'on ne s'y trompe pas. Malgré notre printemps pourri et notre été tardif, la première décennie du XXIe siècle est la plus chaude, la plus humide et la plus tempétueuse qu'ai connu la planète. De (longue) mémoire de météorologue.

Vu de notre fenêtre, c’est dur à croire. Et pourtant.

La première décennie du XXIe siècle est la plus chaude que l’on a vue, depuis 1850.

Rendue publique, le 3 juillet, la dernière étude de l’organisation météorologique mondiale (OMM) ne fait pas dans la dentelle. Pesant sa centaine de pages, le rapport synthétise les résultats d'une enquête effectuée auprès de 139 Services météorologiques et hydrologiques nationaux ainsi que des données socio-économiques et des analyses émanant de plusieurs partenaires et institutions des Nations Unies.

Intitulée Le climat dans le monde, 2001-2010, une décennie d'extrêmes climatiques, elle porte sur les températures,les précipitations et les phénomènes extrêmes.

Conclusion: la décennie 2001-2010 est la plus chaude qu'aient connue la planète, que l'on considère les températures relevées à la surface des terres ou celles mesurées à la surface des océans. Sur la période, la température moyenne est estimée à 14,47°C, soit un écart de +0,47°C par rapport à la normale calculée pour la période 1961-1990 et de +0,21°C par rapport à la moyenne de la période 1991-2000 (avec un facteur d'incertitude de ± 0,1°C).

Le rythme décennal d'augmentation de la température à l'échelle du globe s'est accéléré entre 1971 et 2010, indique l’OMM, atteignant 0,17°C durant cette période, contre 0,062°C par décennie sur toute la période 1880-2010. En outre, l’augmentation de 0,21°C entre la température moyenne de la décennie 1991-2000 et celle de la décennie 2001-2010 est plus marquée que celle qui a été constatée entre les décennies 1981-1990 et 1991-2000 (+0,14°C).

Cette Hot Decade est la plus chaude qu'aient connue 94% des pays sondés, et aucun pays n'a signalé une moyenne décennale de la température inférieure à la normale au niveau national.

Cette chaleur record s'est accompagnée d'un recul rapide de la banquise de l'Arctique et d'une perte accélérée de masse nette des inlandsis du Groenland et de l'Antarctique et des glaciers continentaux. Du fait de cette fonte généralisée de la neige et de la glace et de l'expansion thermique de l'eau de mer, le niveau moyen de la mer a augmenté au rythme de 3 mm par an: le double de celui qui a été constaté au XXe siècle (1,6 mm par an). Par rapport aux années 1880, le niveau de la mer est monté d'environ 20 cm.

En cause: la hausse des concentrations atmosphériques de gaz à effet de serre. La teneur en CO2 de l'atmosphère a atteint 389 parties par million en 2010 (+ 39% par rapport à 1750). Dans le même temps, les concentrations de méthane et de protoxyde d'azote progressaient de 158% et de 20%.

«Pour évaluer de façon rationnelle le changement climatique, l'échelle de temps la plus courte reste la décennie», estime le secrétaire général de l'OMM dans un communiqué. «Le rapport de l'OMM révèle que le climat s'est nettement réchauffé entre 1971 et 2010 et que le rythme décennal d'augmentation des températures sur les périodes 1991-2000 et 2001-2010 est sans précédent», poursuit Michel Jarraud. «En raison de la variabilité naturelle du climat, qui résulte en partie des interactions entre l'atmosphère et les océans – les phénomènes El Niño et La Niña en sont une illustration –, certaines années sont plus froides que d'autres. Aussi l'évolution interannuelle des températures mondiales n'est-elle pas régulière, mais sur le long terme, la tendance est clairement à la hausse, et c'est encore plus net ces derniers temps», indique M. Jarraud.

La décennie 2001-2010 se classe aussi au deuxième rang des plus arrosées depuis 1901, et 2010 est l'année la plus pluvieuse qui ait été enregistrée à l'échelle du globe depuis le début des relevés instrumentaux.

Les précipitations ont été supérieures à la normale un peu partout dans le monde pendant cette décennie. L'est des États-Unis d’Amérique, le nord et l'est du Canada et de nombreuses régions d'Europe et d'Asie centrale ont connu des précipitations particulièrement abondantes.

Sans surprise, les inondations sont le phénomène extrême le plus fréquemment observé tout au long de la décennie.

L’Europe orientale a été particulièrement touchée en 2001 et 2005, l’Inde en 2005, l’Afrique en 2008, l’Asie (en particulier le Pakistan où 20millions de personnes ont été sinistrées et 2 000 ont trouvé la mort) en 2010 et l’Australie également en 2010. Ce qui n’a pas empêché la survenue de forts épisodes de sécheresse dans toutes les régions du monde.

Des sécheresses persistantes et particulièrement dévastatrices ont frappé l’Australie (notamment en 2002), l’Afrique de l’Est (en 2004 et 2005) et le bassin de l’Amazone (en 2010), avec des conséquences néfastes pour l'environnement et les populations.

À l'échelle du globe, 511 tempêtes a été observées pendant la décennie. Elles ont fait près de 170.000 victimes, plus de 250 millions de sinistrés, et provoqué des dommages estimés à 380 milliards de dollars. D'après l'Administration américaine pour les océans et l'atmosphère (NOAA), c'est entre 2001 et 2010 que l'activité cyclonique dans le bassin de l'Atlantique Nord a été la plus marquée depuis 1855.

La moyenne annuelle de tempêtes baptisées s'établit à 15 pour cette décennie, contre 12 pour la période 1981-2010. C’est dans le nord de l’océan Indien qu’a pris naissance le cyclone tropical le plus meurtrier de la décennie, Nargis, qui s’est abattu sur le Myanmar en 2008, au début du mois de mai. Plus de 138.000 personnes ont été tuées ou portées disparues lors du passage du cyclone, qui a fait 8 millions de sinistrés et détruit des milliers de foyers.



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