200.000 tonnes de déchets chimiques excavés d’une décharge

Le 05 septembre 2016 par Stéphanie Senet
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Reste à dépolluer le site et les installations
Reste à dépolluer le site et les installations

Officiellement, la petite commune de Bonfol, dans le Jura suisse, ne portera plus la mémoire de 15 années d’industrie chimique. Sa décharge –l’une des plus importantes de la Confédération- a été presque totalement excavée le 29 août, au terme de 6 ans et demi de travaux.

 

L’industrie bâloise, et en particulier les entreprises chimiques BASF, Syngenta, Novartis et Roche, a enfoui pas moins de 114.000 tonnes de déchets toxiques dans la décharge de Bonfol entre 1961 et 1975. Pendant tout ce temps, l’ancienne carrière d’argile a abrité colorants, pesticides, solvants et autre métaux lourds.

 

202.000 t de déchets contaminés

En y ajoutant un mélange de terres et de matériaux contaminés, il a fallu excaver 202.000 t de déchets, qui ont été envoyés dans des usines d’incinération en Allemagne et en Belgique, ainsi que 84.000 t de sols faiblement à moyennement contaminés, qui ont été traités dans des installations suisses et néerlandaises (78.000 t de matériaux envoyés dans des cimenteries suisses et 6.000 t de matériaux argileux envoyés dans des unités thermiques aux Pays-Bas), selon le communiqué de BCI Betriebs-AG, la société responsable de l’excavation des déchets pour les 8 entreprises chimiques au nom du principe pollueur-payeur.

 

Une opération à 348 M€

L’opération, dont le coup d’envoi avait été donné en mars 2010 près de la frontière franco-suisse, coûte environ 348 millions d’euros, payés par le consortium. Ces travaux avaient été demandés à corps et à cris par les autorités locales et un réseau d’associations réunies autour de Greenpeace, qui avait occupé le site de mai à juillet 2000. Cette mobilisation s’est déroulée dans un contexte national favorable puisqu’en 1998, la Suisse a adopté une loi imposant la dépollution des sites contaminés. Un incident l’a assombrie en juillet 2010 avec une explosion faisant un blessé.

 

Des installations à démonter, des sols à dépolluer

L’assainissement du site n’est pas terminé pour autant. Il reste encore à traiter 4.000 t de déchets chimiques et 4.000 t de matériaux et de sols contaminés, ainsi que les surfaces et les installations à dépolluer d’ici 2017. Et pas des moindres. Il faut notamment démonter la halle hermétique positionnée au-dessus des casiers et suspendue à des arches de 40 m de haut et de 150 m de portée.

 

Une contamination des zones sableuses

Une surveillance sera maintenue pendant 10 ans pour s’assurer que tous les déchets ont bien été extraits et pour étudier l’évolution des lentilles sableuses dont une contamination a été relevée au nord du site. Aucune pollution de la nappe phréatique n’a en revanche été notée, selon BCI Betriebs. «Le site ne sera réellement nettoyé que lorsque les zones sableuses seront également décontaminées», a commenté Martin Forter pour Greenpeace. Situé aux abords d’une forêt, le site de 15 ha devrait finalement être reboisé en 2019. Mais le maire de Bonfol, Fernand Gasser, a d’ores et déjà fait part de «son grand soulagement».



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