« 20% des problèmes de santé au travail liés aux risques psychosociaux »

Le 28 septembre 2010 par Sabine Casalonga
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Créé en 2001, le Réseau national de vigilance et de prévention des pathologies professionnelles (RNV3P), coordonné par l’Anses, a publié le 27 septembre son rapport d’activité 2008-2009. Gérard Lasfargues, directeur adjoint scientifique de l’Anses, explique le rôle de ce réseau dans la détection des pathologies émergentes liées au travail.

Quel est le rôle et la spécificité du réseau?

Le Réseau national de vigilance et de prévention des pathologies professionnelles (RNV3P) est un réseau national d’experts en santé au travail, regroupant l’ensemble des Centres de consultations de pathologies professionnelles (CCPP) des centres hospitalo-universitaires (CHU) et de services pilotes de santé au travail. Il a pour vocation à rassembler les données issues des problèmes de santé au travail répertoriés par les médecins experts des CCPP dans une base de données nationale et à mieux identifier certaines pathologies professionnelles et leurs fluctuations, par exemple, ou à mettre en évidence des risques émergents.

Comment fonctionne-t-il?

Il est constitué des 32 centres de CCPP situés dans les CHU. Les médecins hospitalo-universitaires de ces consultations ont pour mission de faire remonter dans une base de données nationale -gérée par l’Anses- les données de consultations des patients ou salariés adressés par divers acteurs médicaux.

Dans la majorité des cas, ce sont les médecins du travail qui, confrontés à des situations complexes, adressent les patients au CCPP, parfois des médecins spécialistes ou généralistes, ou parfois ce sont des salariés eux-mêmes qui consultent directement les CCPP. A côté des données des CCPP, des données issues directement de services pilotes de santé au travail, sont maintenant prises en compte. Plus de 200.000 consultations représentant environ 100.000 patients sont enregistrées dans la base. 

Le réseau est financé par des partenaires nationaux, notamment par la Caisse nationale d'assurance maladie des travailleurs salariés (Cnamts), l’Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), la Mutuelle santé agricole (MSA), l’Institut de veille sanitaire (InVS) ainsi que la Société française de médecine du travail (SFMT).

Quelles pathologies ou facteurs de risque émergents ont-ils été détectés grâce au réseau ?

Le réseau a la capacité de détecter de nouvelles pathologies liées à des facteurs de risques connus. C’est le cas de certaines localisations cancéreuses débattues ou non reconnues: cancer du larynx liés à l’amiante, lymphomes et quelques cas de maladie de Parkinson liés à des expositions aux pesticides. Il peut aussi détecter des facteurs de risques nouveaux pour des pathologies diverses (respiratoires, allergiques etc.)

Des études épidémiologiques complémentaires peuvent ensuite être initiées pour confirmer ou non l’origine professionnelle de ces pathologies. Des alertes sur des pathologies non connues dans certains secteurs peuvent également être lancées. 

L’objectif du réseau est aussi de favoriser des actions de prévention dans les entreprises, notamment via des liens entre les CCPP et les acteurs de prévention régionaux.

Quelles sont les dernières tendances en santé au travail ?

On observe depuis plusieurs années une augmentation des risques psychosociaux. Un problème de santé au travail sur cinq (20%) concerne ces pathologies (anxiété, dépression…). Les métiers les plus touchés sont ceux du service au public. Des données sur ces risques émergents et leurs facteurs de risque seront détaillées dans le rapport scientifique du réseau dont la publication est attendue pour début 2011.

Un problème sur quatre concerne les expositions à l’amiante (plus de 20.000 patients). Les CCPP   sont des lieux privilégiés pour le suivi post-exposition et post-professionnel à l’amiante. Enfin plus de la moitié des cas, enregistrés dans la base, concerne le risque chimique ou les troubles musculo-squelettiques (TMS).

Le réseau élargit son activité à la santé environnementale, pourquoi ?

Les préoccupations en santé environnementale (perturbateurs endocriniens, nanomatériaux) rejoignent celles en santé au travail. Plusieurs CCPP rebaptisées « Consultations de pathologies professionnelles et environnementales » prennent en charge des personnes souffrant de pathologies environnementales (hypersensibilité aux champs électro-magnétiques ou aux agents chimiques, allergies respiratoires, etc.) peu ou mal prises en compte ailleurs. Cette thématique devient de plus en plus d’importante.

Le RNV3P est désormais un acteur majeur dans le champ de la santé au travail en France. Il s’inscrit par ailleurs dans un contexte européen par sa participation au réseau Modernet, qui fédère les réseaux de surveillance de pathologies professionnels de divers pays comme le Royaume-Uni ou les Pays-Bas.

 

Télécharger le rapport

 

 



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