2°C de réchauffement : objectif quasiment intenable

Le 31 octobre 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les énergies renouvelables doivent être au coeur de nos politiques énergétiques.
Les énergies renouvelables doivent être au coeur de nos politiques énergétiques.
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Selon le rapport annuel de l’ONU Environnement sur l’écart entre les besoins et les perspectives en matières d’émissions, la communauté internationale doit réduire de 25 à 37% ses émissions de gaz à effet de serre (GES) d’ici 2030 pour espérer limiter le réchauffement à 2°C à la fin du siècle. Pas gagné, même si les solutions sont à portée de main.

 

L’ONU Environnement ne le dit pas aussi sèchement. Mais en lisant le dernier rapport de l’ex-programme des Nations unies pour l’environnement, c’est ce que l’on comprend: sans une inflexion forte de nos modèle de développement, nous ne stabiliserons pas à 2°C le réchauffement climatique. Nous savions déjà que le plus ambitieux des objectifs fixés à la communauté internationale par l’Accord de Paris (1,5°C de réchauffement) resterait à jamais dans les limbes. Mais l’espoir des 2°C était encore d’actualité. A en croire les statisticiens de l’ONU, ce n’est plus le cas.

le réchauffement l'emporte

Car au jeu des émissions de GES et des mesures d’allégement du bilan carbone de nos activités, c’est le réchauffement qui l’emporte. Le ton du rapport annuel sur le bilan des actions climatiques humaines n’a jamais été très enthousiaste. Dans l’édition rendue publique ce mardi 31 octobre, c’est la partition d’une défaite annoncée que l’on peut lire à chaque page.

Un écart dangereux

«Les engagements actuels des Etats couvrent à peine un tiers des réductions d'émissions nécessaires, creusant un écart dangereux», annonciateur de grands dérèglements (canicules, inondations, ouragans...), se lamente Erik Solheim, directeur de l’ONU Environnement. Au vu des trajectoires impulsées par les politiques climatiques nationales (NDC), le climat devrait donc s’échauffer de plus de 2°C d’ici la fin du siècle[1].

Les données du problème sont connues. L’an passé, l’humanité a rejeté environ 52 milliards de tonnes de GES (Mdt éq.CO2/an), dont plus des deux tiers sont issus de l’utilisation des énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz naturel). Selon les scénarios, il faudrait réduire de 25% à 37% nos émissions d’ici 2030 pour avoir de bonnes chances d’atteindre les objectifs fixés par l’Accord de Paris. Nous en sommes effectivement très loin. Ces deux dernières années, les émissions ont été tout juste stabilisées: une performance jugée pourtant inédite par les experts.

outils et actions

Les politiques nationales et régionales (européennes, par exemple) doivent être rapidement et durablement renforcées. Mais disposons-nous des outils capables de décarboner notre développement? Sans aucun doute. L’ONU Environnement dresse une liste des actions et technologies qui, mises en œuvre (ou développées) permettraient de réduire de plus des deux tiers notre impact climatique.

fin du charbon

Certaines, comme le captage-stockage de CO2, sont coûteuses et difficiles à déployer pour des centrales ou des usines existantes. D’autres, comme la replantation de forêts (puits de carbone), le développement des énergies renouvelables, le changement des pratiques agricoles sont l’affaire de politique publique rapidement déployables.

La plus urgente restant l’arrêt des 6.683 centrales au charbon en service (1.967 gigawatts électriques) qui tout au long de leur vie émettront 190 Mdt éq.CO2. Urgent aussi, soulignent les auteurs du rapport, de ne pas mettre en service les unités qui ont été commandées ou qui sont programmées: en 40 ans d’exercice, elles émettront 150 Mdt éq.CO2. Impensable, alors que le budget carbone ‘2°C’ tourne autour de 1.000 Mdt éq.CO2.



[1] Soit plus de 3°C par rapport à l’ère pré-industrielle

 



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