2°C de réchauffement, mode d'emploi

Le 24 novembre 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les étagères débordent de rapports et d’études montrant la possibilité et l’urgence de réduire significativement les émissions de gaz à effet de serre. Mais, à quelques jours de l’ouverture de la conférence climatique de Durban (Afrique du Sud), le programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue) a voulu en remettre une couche.
 
Publié le 23 novembre, Bridging the Emissions Gap rappelle les enjeux fondamentaux. Si nous voulons stabiliser, d’ici la fin du siècle, le réchauffement à 2°C de plus qu’à l’ère pré-industrielle, nous devrons limiter à 44 milliards de tonnes équivalent CO2 par an (Mdt éq.CO2/an) nos émissions annuelles de GES.
 
Ce qui semble mal parti. Car, avec les promesses de réduction d’émission et de financement de solutions anti-carbone, les émissions anthropiques pourraient, d’ici 2020, excéder de 6 à 11 Mdt éq.CO2/an cette limite.
 
Pour que les baisses d’émission soient efficaces, elles devront intervenir rapidement. Comme l’indiquait récemment l’Agence internationale de l’énergie (AIE), le pic des émissions mondiales doit se produire avant 2020 et les baisses devront se poursuivre jusqu’en 2050 à un rythme compris entre 2 et 3% par an.
 
Impossible? Certainement pas. Le document du Pnue avance, au contraire, qu’une large utilisation de toutes les meilleures techniques disponibles permettrait d’abattre de 13 à 19 Mdt éq.CO2/an les rejets anthropiques en 10 ans.
 
La mise en service de centrales thermiques à haut rendement, l’accroissement du parc de production renouvelable, la substitution du charbon par du fioul, de la biomasse ou du gaz, le déploiement de systèmes de captage-stockage de CO2 permettraient d’abattre de 2,2 à 3,9 Mdt éq.CO2/an les émissions du secteur énergétique.
 
Le renforcement de l'efficacité énergétique et la substitution des combustibles pourraient diminuer de 1,5 à 4,6 Mdt éq.CO2/an les rejets de l’industrie.
De 1,4 à 2,0 Mdt éq.CO2/an: c’est le potentiel de l’électrification des véhicules et de la mise sur les routes de voitures et de camions sobres.
 
En revanche, le renouvellement des flottes aériennes, qui consommeraient une part croissante de kérosène faiblement émetteur (coupé aux agrocarburants ou purement d’origine végétale) pourrait réduire de 300 à 500 Mt éq.CO2/an l’empreinte carbone du secteur aérien.
 
Le seul renforcement de l'efficacité du chauffage, de la climatisation, de l'éclairage et des appareils pourrait éviter l’émission de 1,4 à 2,9 Mdt éq.CO2/an, en provenance du bâtiment.
 
Stopper la déforestation et modifier la gestion des forêts pour augmenter les stocks de carbone du sol éviterait d’envoyer dans l’atmosphère entre 1,3 et 4,2 Mdt éq.CO2/an.
 
La modification des pratiques culturales et de gestion du bétail peuvent réduire les rejets de méthane et de protoxyde d’azote de façon significative: le potentiel est évalué entre 1,1 et 4,3 Mdt éq.CO2/an.
 
L’amélioration du traitement des eaux usées et la valorisation du biogaz de décharge permettrait de réduire de 800 Mt éq.CO2/an notre bilan carbone.
Au total, souligne le document du Pnue, le potentiel total de réduction d’émission s'élève à une vingtaine de milliards de tonnes d’équivalent CO2, soit près de la moitié des rejets actuels.
 
Fait important: les coûts marginaux moyens de réduction d’émission varient entre 25 et 54 dollars (18,74 et 40,48 euros) par tonne d'équivalent CO2 évitée, avec une valeur moyenne de 34 $ (25,48 €) par tonne. Pas si cher.


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