2°C, c’est pas assez

Le 04 décembre 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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James Hansen, l'un des signataires de l'article, promeut le nucléaire pour réduire les émissions de CO2.
James Hansen, l'un des signataires de l'article, promeut le nucléaire pour réduire les émissions de CO2.
DR

A deux ans de la conclusion d’un possible accord mondial sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES), les climatologues commencent à entrer dans le jeu.

Il ne s’agit plus de dresser de prudents états des lieux, comme le Giec[1] vient à nouveau de le faire, ni d’évaluer dans une note de bas de page (comme c’est le cas dans la feuille de route de Bali signée en 2007) les efforts d’atténuation à mener.

 

Un objectif inatteignable

Cette fois, les scientifiques disent haut et fort ce qu’ils disent tout bas depuis des années. Dans un long article publié dans PloS ONE, 18 éminents climatologues, dont Valérie Masson-Delmotte (IPSL-LSCE), affirment clairement que la cible d’une limitation à 2°C du réchauffement climatique à l’horizon 2100 (par rapport à l’ère pré-industrielle) n’est tout simplement pas tenable.

Globalement, rappellent-ils, atteindre la cible des 2°C revient à limiter à 1.000 milliards de tonnes nos émissions de carbone dans l’atmosphère, soit 3.670 Mdt de gaz carbonique. Ce dont convient également le premier tome du 5e rapport du Giec.

Le problème, soulignent les chercheurs, c’est que ce scénario accorde peu de cas aux rétroactions positives (les effets induits qui accroissent le réchauffement). Développer la consommation d’énergies fossiles, notent-ils, accroîtra les émissions directes et indirectes d’autres GES plus puissants que le CO2, tels le méthane (CO2) ou l’oxyde nitreux (N2O). Ce qui nous mène tout droit vers une élévation de 3 à 4°C des températures moyennes globales d’ici la fin du siècle.

 

500 milliards de tonnes de carbone

En conséquence, il est urgent, expliquent les auteurs, de se fixer un budget carbone limité à 500 Mdt. Ce qui implique de commencer, dès aujourd’hui, à réduire de 6% par an nos rejets de GES. Ce programme drastique, qui nécessite au moins l’instauration d’un prix du carbone élevé, ne pourra donner des résultats probants que s’il est complété par des dispositifs permettant de stocker, au bas mot, 100 Mdt de carbone dans le sol. En clair, développer massivement la reforestation. Mis en œuvre, ce développement «bas carbone» permettrait de ne pas dépasser notre budget carbone et, probablement, de limiter à 1°C le réchauffement global.

Parallèlement, une étude publiée mardi 3 décembre par l’académie américaine des sciences souligne la survenue probable et rapide d’importants phénomènes climatiques «abrupts», tels l’arrêt de la dérive Nord atlantique (le Gulf Stream) ou d’importants dégazages de méthane, stocké dans les hydrates et le permafrost.

Ces effets, souligne le rapport, perturberont gravement les activités humaines. D’où l’importance de mettre en place des systèmes d’alerte avancée, surveillant, par exemple, le dégel du permafrost, sur lequel serpentent tant de pipelines.

 



[1] Giec: Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat

 



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