13,5% des salariés touchés par les produits cancérogènes

Le 18 juillet 2005 par Charlotte Monégier
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email

L'enquête Sumer 2003 dresse un état des lieux de l'exposition des salariés aux produits cancérogènes. Résultat: 13,5% des salariés sont touchés.


L'enquête Sumer 2003, réalisée conjointement par la Direction des relations du travail (DRT) et la Direction de l'animation et de la recherche des études et des statistiques (Dares), révèle que 2.370.000 personnes, soit 13,5% des salariés, sont exposées plus ou moins régulièrement à un ou plusieurs produits cancérogènes. Parmi les 28 produits cancérogènes repérés lors de l'étude, 8 touchent une proportion importante des enquêtés. Il s'agit des huiles entières minérales, du benzène, du perchloroéthylène, du trichloroéthylène, de l'amiante, des poussières de bois, des gaz d'échappement diesel et de la silice cristalline. Ces 8 substances représentent 2,4 millions d'expositions, soit les deux tiers des expositions aux produits cancérogènes.

Un contact régulier avec l'un de ces 8 produits augmente les risques de cancer de la plèvre, de la peau, nasosinusiens ou broncho-pulmonaires. Tous ces mélanges ou substances sont inscrits dans les tableaux des maladies professionnelles français, exceptés les gaz d'échappement diesel. Ce qui n'empêche pas le Centre international de recherche sur le cancer (Circ) de les classer en «catégorie 2 A» dans son «tableau de score d'exposition», ce qui signifie qu'ils sont «probablement cancérogènes pour l'homme». Ce système de notation des situations d'exposition existe pour chaque produit. Parmi les 8 agents les plus fréquemment détectés lors de l'enquête, le Circ en classe 5 comme étant «certainement cancérogènes pour l'homme»: l'amiante, le benzène, les huiles entières minérales, les poussières de bois et la silice cristalline. Au niveau européen, seuls 3 d'entre eux sont des «substances et préparations que l'on sait être cancérogènes pour l'homme»: l'amiante, le benzène et les poussières de bois.

Outre la classification de ces produits selon leur dangerosité, l'enquête Sumer 2003 montre également que l'intensité de l'exposition diffère selon le sexe et la catégorie socioprofessionnelle du salarié. Les secteurs où l'exposition est la plus forte sont majoritairement masculins: les hommes sont donc nettement plus nombreux que les femmes à être concernés par ce risque (84% contre 16%). Le secteur des services personnels et domestiques, aux trois quarts féminin, est le seul qui expose davantage les femmes que les hommes (28% contre 14%). Les ouvriers, et plus particulièrement les ouvriers qualifiés, représentent, quant à eux, 70% des salariés exposés. Enfin, cinq secteurs professionnels concentrent à eux seuls la moitié des salariés exposés: la construction (18%), le commerce et la réparation automobile (10%), la métallurgie, les services opérationnels et la santé (chacun 7%).

Afin de diminuer les risques d'exposition, le décret du 1er février 2001, relatif à la prévention des risques cancérogènes, mutagènes et toxiques pour la reproduction, impose une obligation de substitution. Il stipule que tout produit cancérogène doit être remplacé par un produit non dangereux ou moins dangereux. Si cela n'est pas techniquement possible, les entreprises doivent prendre les mesures nécessaires pour que les expositions soient les plus faibles possibles. Elles peuvent mettre en place des protections collectives, comme l'aspiration à la source ou la ventilation, ou bien individuelles. Ainsi pour les goudrons, les gants préservant de la chaleur protègent aussi contre le risque de cancer de la peau et sont souvent mis à disposition (dans 64% des cas). Sur ce point, l'enquête Sumer 2003 a permis d'établir une comparaison avec une étude similaire menée en 1994: en 10 ans, les protections collectives se sont diffusées. Cependant, plus du tiers des salariés exposés n'en bénéficient toujours pas.




A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus